Les clés du mixage part 4 – les percussions 1

Sauf lorsqu’on considère un set complet et varié, les percussions sont souvent spécialisées dans une fonction et un spectre.

Dans la famille des peaux, les congas groovent et réchauffent en maintenant un spectre grave et bas medium alors que des bongos auront tendance à éclaircir en installant des évènements dans le haut medium. La dynamique devient alors primordiale. Trop importante, elle ne laisserait apparaître que les coups des plus forts en camouflant le schéma rythmique. A l’inverse, si les patterns de peaux sont trop compressés, ils sembleront manquer de vie en ne laissant pas émerger les nuances de jeu du musicien. Sur des sons de ce type, je suis fan des réverbes de type EMT 244 ou 245 (La même avec pré-delay) Le halo très chaud et très organique de ce réverbérateur valorise particulièrement ce type de sons. Il est aujourd’hui tellement bien émulé que j’ai revendu mes deux machines pour ne conserver que le seul plug 2445 de PSP, (un bijou !) Pourtant… ce n’est pas mon genre que de laisser « gagner » facilement les plugs!!

A défaut, une Lexicon 224 ou un wooden room de 480 (UAD ou Slate Digital, par exemple) fonctionneront très bien et apporteront le halo chaleureux qui valorisera vos peaux! Attention aux valeurs de pré-delay qui doivent rester réalistes. Dans ce type de programmes les premières réflexions sont très perceptibles et… l’écart temporel qui sépare le champ direct du champ réfléchi revêt une importance primordiale.

Les cow-bells, wood-blocks, castagnettes et autres percussions d’impacts doivent conserver les textures et matières qui caractérisent leurs sons. Une erreur répandue consiste à trop filtrer le grave. Croyant privilégier leur clarté, ces éléments deviennent incisifs et inutilement agressifs, perdant de leur identité sans aucun bénéfice.

Dans la famille des graines, les maracas ou le shaker doivent rester clairs mais également discrets, sans aigus artificiels ou excès de niveaux. S’ils sont trop présents, cela «fatiguera» rapidement. Il peut gongs  être intéressant de les faire vivre avec un suivi de niveau dans lequel les débuts de cycles seront soulignés pour la couleur.

Les percussions métalliques telles que triangle, shimes, cymbales, cymbales à doigts,  C’est cette fois les registres de présence et de brillance (notre article sur les registres) qui doivent être particulièrement soignés.

Un couple micro/préampli de haut vol est réellement souhaitable. Si l’aigu vous semble abîmé, mieux vaut ne pas trop le surestimer et jouer l’éloignement. (Une source perd en précision et donc notamment en aigu lorsqu’on l’éloigne du capteur.)

Bientôt nous envisagerons ensemble les percussions claviers. Un cas résolument à part.

Les clés du mixage part 3 – la batterie, dynamique et registres!

L’instrument dynamique par excellence !

Par définition, la dynamique de la batterie est énorme! (écart entre le son le plus faible et le plus élevé qui sont émis par l’instrument!) La pression acoustique dégagée par une batterie normalement jouée est d’environ 110 dB SPL à 1 mètre ! Vous êtes à 10dB du seuil de la douleur! Personnellement, je pense que les batteurs qui ne se protègent pas sont inconscients! Imaginez un peu: vous êtes situé à côté du batteur, il peut vous assourdir d’un seul coup de cymbale crash ou effleurer la peau d’un tom aux balais et vous tendrez l’oreille pour l’entendre. Pour « rentrer » dans un mix, cette marge doit donc être aménagée. Les éléments demandent des traitements différenciés et l’équilibre doit pourtant être conservé. Une compression importante sur une grosse caisse nécessite une enveloppe qui respecte la richesse du grave (attaque plus ou moins lente pour «laisser passer» l’impact ou le maîtriser et release assez long afin de ne pas relâcher trop vite).

Une caisse claire bien sèche, elle, pourra bénéficier d’un traitement réactif et plus léger pour en contrôler les accents. Un traitement global peut être envisagé: une légère compression de bus ou un auxiliaire de compression parallèle relèveront les niveaux bas et apporterons de la présence. Avantage ? Les transitoires indispensables sont ainsi préservées.

Un Kick un peu mou sera dopé par un réglage d’expansion bien dosé et s’il manque trop de matière, le « retrig » vous sauvera la vie. D’excellents plugs comme « Slate Digital Trigger » remplacent le son défaillant par un sample ou même plusieurs, suivant les vélocités et ce, avec beaucoup d’options disponibles! Les logiciels savent désormais transformer des transitoires audio en événements MDI. Il suffit alors de transposer les notes obtenues pour qu’elles déclenchent correctement votre sampler favori. Si votre « trig » est précis, vous pouvez même le considérer comme un simple complément qui viendra enrichir votre kick original.

Le registre de la batterie. Si les micros ont été bien choisis et bien placés, vous n’aurez pas beaucoup à faire pour que l’ensemble sonne. C’est en fait l’équilibre des éléments qui déterminera le spectre général. Une grosse caisse peut être durcie par un ajout de hauts mediums: cherchez l’attaque en exagérant le boost puis ramenez‐la dans une plage raisonnable. Les toms peuvent nécessiter un petit nettoyage bas‐medium. Guettez les fréquences isolées, un tom basse qui résonne sur une note précise un peu longtemps et un peu fort ! Il arrive qu’un léger « notch » s’impose et éclaircisse comme par miracle, toute la batterie! Tentez des coupures de pistes pour repérer les coupables! Les problèmes disparaissent lorsque vous coupez un tom ? Intéressez-vous d’urgence à son cas !

Espaces et réverbes

Les réverbes de batterie doivent être abordées comme une composante du son à part entière. Les transitoires des percussions l’accrochent facilement et la laissent donc beaucoup apparaître. « Placer» sa batterie dans une room va lui donner un caractère ambiant définitif et appuyé. Une batterie dont la réverbe courte est compressée sonnera vite un peu « garage », une « longue » sur une caisse claire va dater fortement le titre… N’hésitez pas à écouter le retour d’effet en solo, il vous renseignera sur la nature et le dosage de votre traitement. Une fois réglé, repartez au plus bas et recherchez son niveau optimal dans le mix. Vous pouvez égaliser légèrement le retour d’effet afin de «désemcombrer» le bas‐medium, ou de filtrer un grave inutile par exemple.

Attention, avant de vous lancer dans les «recalages» l’arbre cache souvent la forêt. Lorsque vous aurez entamé ce processus fastidieux, vous risquez de découvrir d’au‐ tres décalages plus gênants encore !

 

Les clés du mixage part 1 – introduction

J’avais très envie d’ouvrir un petit dossier sur le sujet depuis longtemps ! Comme il s’agit également d’une de vos questions récurrentes… j’ai décidé de m’y mettre. Bien sûr, aussi complet soient‐ils, ces petits articles à répétition ne remplaceront pas l’expérience et les années de pratique qui sont nécessaires à une bonne maîtrise du mixage mais ils devraient quand même vous apporter de véritables réponses face aux cas particuliers que vous aller rencontrer !

Tout d’abord, curieusement, pour que les ingrédients d’un arrangement sonnent comme un ensemble, chacun demande à être approché avec ses spécificités propres. Voici donc un petit recueil de trucs et astuces qui vont vous aider à contourner quelques difficultés fréquentes et… mieux encore, à valoriser vos pistes. Passons la revue…

Principes actifs

Il existe potentiellement des dizaines de bons mixes possibles d’un même titre. « Votre » vision doit convaincre et répondre à certains critères objectifs. Si tous vos instruments tendent vers une stéréo maximum et un spectre hyper large, vous allez devoir gérer des conflits ! Or le mixage est l’art de cohabitation et de la complémentarité des pistes. Rien de plus fatiguant qu’un morceau dont les éléments se battent entre eux pour être entendus !

Essayons de définir les 10 points d’appui principaux d’un mixage réussi

  1. Bien évaluer sa session

Le mixeur expérimenté saura détecter les éléments compliquant ou interdisant le mélange. Ayant vous‐même composé, arrangé et exécuté les prises, il semble plus difficile de prendre du recul. Veillez aux qualités musicales de vos pistes: mise en place, harmonies et justesse! S’il le faut, prenez des avis, (pas ceux des gens qui vous aiment et qui seront trop indulgents, c’est agréable mais ça ne sert à rien !) et voyez s’ils se recoupent. Ecoutez vos pistes 2 par 2 et essayez de détecter les conflits ! C’est souvent par paires qu’ils ressortent !

  1. Bien préparer ses pistes

La préparation des pistes est essentielle. Ne vous lancez pas dans les compressions triggées en side‐chain avec un filtre et un chorus sur la rythmique si vos pistes sont sales, encombrées, si les régions cliquent lorsqu’elles se joignent. Commencez par faire le ménage! J’avais fait un petit article que voici, sur la question !  http://monhomestudio.com/2014/06/organiser-sa-session-de-mixage-part-1/

  1. Restez simple

Votre séance doit débuter simplement. Inutile de commencer avec trois plugs d’émulations à lampes par piste. Gardez l’image mentale du cheminement du signal. Plus il y a de robinets… plus ça fuit ! Il est curieux d’observer que les trois quarts des débutants sur-processent leur mix, jamais l’inverse !

  1. Respectez la cohérence de l’espace sonore

Comme en peinture, deux familles se détachent. En restant figuratif vous devez reconstituer un espace plausible avec des instruments placés dans les trois dimensions. Peu de réverbes différentes, bien choisies elles reconstituent l’espace et soudent les éléments entre eux.

Si au contraire, vous fabriquez votre panorama, (électro, dub, hip‐hop, etc.) Tout est permis, et seule l’esthétique que vous proposez compte.

  1. Cernez bien le spectre de chaque élément

Efforcez‐vous d’assigner un rôle à chacun. L’infra‐grave d’une guitare rythmique jouée sur 4 cordes au milieu du manche ne sert à rien. Délimitez le « range » utile de chacun et travaillez son timbre.

  1. Ne condamnez pas trop tôt et trop fort la dynamique des instruments

Dans les musiques acoustiques, ne la transformez pas trop. Un bon musicien la gère assez bien et reste musical sur ce plan ! Un compresseur réglé « au chausse-pied » ne laisse plus rien passer !

  1. Ne perdez pas la lisibilité et la portabilité de vue

Si votre mix ne sonne que chez vous… c’est raté! Faute d’une écoute parfaite, écoutez partout et faites écouter à d’autres. Les défauts récurrents ressortiront et tirez‐en des enseignements sur votre propre écoute! N’oubliez pas de ménager vos oreilles avec un niveau raisonnable, vous mixerez plus longtemps et mieux !

  1. Dosez soigneusement votre lead

Intégrez bien votre voix ou votre instrument soliste. S’il semble habiter une autre planète, s’il ne se mélange pas à l’arrangement il ne sera pas valorisé!

  1. N’écrasez pas le niveau du mix

Ne gâchez pas votre dynamique en écrasant votre mix avec un plug de finalisation. Laissez‐le respirer! Le niveau perçu vous trompe! Baissez son gain de sortie à l’égal du signal non traité. Comparez avec et sans: alors? Tout ça pour un peu plus de niveau?

  1. Sauf exception, laissez le mastering aux pros

Même si vous masterisez vous‐même, faites‐le en deux temps. Les approches sont différentes. Un ténor du mastering me disait il y a peu: «Essayer de masteriser son propre mixage revient à essayer de se faire soi‐même une coupe de cheveux.» L’image parle d’elle‐même! Si vous le pouvez, confiez votre mastering à un pro

Premier volet à venir… la batterie

Ingénieur du son… Espèce en danger?

Les techniques de mixage et de mastering sont-elles destinées à passer entre toutes les mains ?

La révolution du home studio, le « tout ordinateur » a donné la parole à tous ou presque. On ne peut qu’applaudir à une telle démocratisation, même si le fait de posséder un traitement de texte ne fait pas forcément de vous un écrivain ni même un imprimeur. Il faut bien reconnaitre que la simplification drastique de la chaine de production comporte avantages et inconvénients. Les artistes et les producteurs lorgnaient d’ailleurs sur la maîtrise de l’outil technique depuis longtemps ! En dehors de l’intervention de grands noms à forte valeur ajoutée, le maillon « interface humaine » du technicien derrière sa console était souvent ressenti comme une contrainte ou une dilution de l’idée créatrice. Nous avons donc vu notre métier d’ingénieurs migrer par étapes. Il a tout d’abord fallu nous spécialiser dans les grosses productions, les seules qui pouvaient encore s’offrir nos services ! Par la suite les prises de sons les plus techniques nous ont été réservées, telles que les cordes, les batteries ou les groupes qui jouaient « live »… Bref, tout ce qui ne pouvait pas être réalisé dans de modestes home-studios et sans le soutien d’une véritable logistique et surtout d’une sérieuse expérience. Les maisons de disques nous ont ensuite proposé le simple mixage des enregistrements « home made »… Il n’était d’ailleurs pas rare que ces demandes arrivent à l’issue de tentatives « peu convaincantes » de mix à la maison. Aujourd’hui enfin, les demandes de mastering par stems sont nombreuses. Ne nous voilons pas la face, il s’agit en fait de relire et de rectifier techniquement des mixages imparfaits en un minimum de temps.

J’observe tout de même un revirement de tendance et il m’arrive aujourd’hui de mixer pour des producteurs qui avaient pris l’habitude de tout faire eux-mêmes, à la maison. Ils s’étonnent de la richesse et des possibilités que peuvent apporter des mixeurs professionnels. Pourtant, si nous réfléchissons au temps qu’il nous a fallu pour façonner notre savoir faire, pour accumuler notre expérience à force de rencontres, de tentatives, d’échecs mémorables et de succès bien sûr, ce n’est pas très étonnant que nous puissions apporter un éclairage nouveau. Pas très surprenant non plus que nous ayons plus d’un tour dans notre sac pour nous dépêtrer de situations qui paraissent inextricables à des mixeurs novices! En tant que « nouveaux arrivants » nous sommes forcément plus objectifs, plus efficaces et notre rôle nous permet un certain détachement, une mise en perspective qui… finalement, nous rapproche un peu de la position de l’auditeur final !

Concernant le mastering, le constat est encore plus tranché puisque ce maillon de la chaine n’est fait que de l’expérience d’une oreille exercée et objective. Le talon d’Achille de cette méthode du « tout-tout-seul » réside sans doute dans cette autarcie forcenée: composer, jouer, enregistrer et mixer seul prive l’artiste de dialogue, de contacts et d’échanges… Seuls les visionnaires habités peuvent alors s’en sortir ! Je ne crois pas à la disparition de notre espèce, même si sa raréfaction sonne comme une évidence. Notre fonction de miroir, de trait d’union entre le créateur et son public et de metteur en page de l’idée musicale fait de nous le partenaire durable de la majorité des productions haut de gamme.

Maitrise de l’égalisation part 9 – la guitare électrique

La guitare électrique constitue à elle seule un cas particulier dans l’univers de la prise de son. Sa lointaine parenté avec l’instrument acoustique ne nous est pas ici d’un grand secours : si la qualité de lutherie reste déterminante, bien d’autres facteurs entrent désormais en ligne de compte puisqu’il s’agit d’enregistrer un signal amplifié !

A la prise

En mode réamping

Par précaution je prends désormais toujours le signal DI de la guitare brute. Je ne suis pas certain qu’il me serve mais à l’inverse, il peut me sauver la vie en cas de problème! Si vous optez pour cette solution de reconstruction du son, attention toutefois à ne pas trop vous éloigner de la nature de l’original ! Le guitariste aura joué en s’appuyant sur sa sonorité du moment; l’ampli, les réverbes ou le delai lui auront donné une enveloppe et des longueurs de notes avec lesquelles il aura interagit. Dans ce cas de figure, même si vous ne l’intégrez pas au mix, l’audio traité vous servira au minimum de référence.

La voie royale : Il s’agit de la prise de son de l’ampli. Evidemment, vous vous en doutiez… elle seule permet de capturer une énergie live authentique! Rien ne vaut une vraie prise de son acoustique d’ampli bien réalisée. Elle peut même abriter des secrets de fabrication et s’avérer unique car impossible à reproduire!

Vous serez d’accord avec moi : le son de Brian May est reconnaissable entre tous ! En fait, le guitariste de Queen utilise un procédé très original. Visionnez les vidéos dans lesquelles il apparaît et regardez les clichés des gros plans de sa guitare. Vous observerez tout d’abord que ce n’est pas le jack de Monsieur « Tout-le-monde » qui en sort mais… un connecteur assez imposant et large. Observez le deuxième plan, maintenant. Ce n’est pas un ou deux Vox AC-30 qui se chargent de l’amplifier mais plutôt 6 ou plus souvent, douze ! La raison en est simple. Les micros de sa guitare sont indépendants et câblés individuellement. Le son de chaque corde est envoyé à un ou deux amplis. Ainsi, il peut recourir à une distorsion musclée et garder un son « filé » et super propre puisque les notes considérablement enrichies en harmoniques n’interfèrent pas les unes par rapport aux autres ! Il est ainsi le seul à pouvoir plaquer des accords pleins très saturés avec un tel rendu… Malin, non ? Et surtout terriblement efficace !

Au mixage,

Les guitares très saturées ont tendance à se linéariser et, pour les percevoir plusieurs procédés peuvent être utilisés. Si les EQ se sont montrées discrètes durant la prise, elles doivent vous aider à cerner efficacement le spectre utile durant le mix. Nos guitares ont vite tendance à vouloir occuper tout le spectre et s’il y a un instrument pour lequel il est intéressant de le façonner, c’est bien celui-ci. Comme souvent en mix, il faut penser cohabitation. En dehors des apports de couleurs qui viendront renforcer une intention de départ, l’égalisation nous permettra de discipliner des fréquences qui concurrencent les autres parties de l’arrangement.

La tentation peut être grande de penser que tout a été fait, en matière de son de guitare. Il reste pourtant beaucoup à inventer mais l’essentiel, lorsqu’on veut valoriser cet instrument, est souvent de s’attacher à retranscrire l’énergie du jeu, celle qui a été « performée » par le guitariste !

Maitrise de l’égalisation Part 8 – la guitare

Pour bien comprendre la guitare acoustique, il faut rappeler l’architecture de l’instrument ainsi que ses « points clé » sonores.

L’erreur communément répandue consiste à l’enregistrer en positionnant un micro directement face de la rosace. Euh… comment dire? Iriez-vous écouter une enceinte bass-reflex en face de l’évent? C’est un peu la même chose et il faut se souvenir que l’instrument possède une table d’harmonie qui amplifie la vibration des cordes. Même si cette fois-ci elle est couplée à une une caisse de résonance, son rôle reste le même : sans elle, l’énergie directement transmise à l’air serait négligeable et le rendu dans le grave… quasi inexistant. Avez-vous déjà entendu une guitare électrique « solid body » (sans caisse), débranchée ? Afin de compenser ce phénomène, la caisse de résonance renvoie essentiellement du grave par l’intermédiaire de son ouverture : la rosace. Pas question donc, de se contenter d’un micro positionné face à elle car le résultat serait très “explosif” dans les basses fréquences, particulièrement si cette méthode de prise de son était associée à l’effet de proximité d’un grand diaphragme.

Nous allons préférer des positionnements plus nuancés

Les positions 1 et 3 nous éloignent du centre des cordes (12 ème case) où la fondamentale est la plus présente et l’énergie la plus importante. le son perdra un peu en intensité et se pincera légèrement.

Une bonne solution peut consister à utiliser un couple X/Y placé en face de cette fameuse 12 ème case.

Les traitements

La guitare folk  Les cordes métalliques incitent à rechercher la présence de l’instrument. Attention toutefois à l’envie irrésistible de rajouter de la brillance, ce qui s’accompagne inévitablement de bruits parasites, de sons de glissés de bruits de frets réhaussés, etc… Il faut préciser que « l’aigu noble » de la guitare n’est pas agressif, il doit rester doux. Un peu la différence entre une Martin D35 et une entrée de gamme, si vous voyez ce que je veux dire! Le souffle même du guitariste peut également s’avérer gênant ! Il m’arrive parfois de disposer une grille anti-pop au dessus de mes micros de guitare ! Si vous rencontrez le problème, seuls un bon nettoyage et une automation du grave de l’Eq vous tireront d’affaire ! Vous n’y arrivez pas ? Essayez de retrouver une autre prise sur l’instant délicat ou même un passage musical identique dans le titre… il arrive que ce soit la seule planche de salut !

Avec les guitares classiques, à cordes nylon, nous sommes, comme pour un piano, dans l’obligation absolue du respect du timbre. La tradition et la culture l’imposent et l’équilibre tonal est fragile. La frontière est mince entre un grave profond, limité à environ 90/100Hz sur cet instrument et un effet flou de tonneau rendu par un excès de 125/150 Hz ! Un cas spécial mérite notre attention : la guitare flamenca qui est très exigeante sur le spectre comme sur la dynamique du fait des très fortes transitoires générées par ce type de jeu. Si la compression existe elle doit être transparente et très douce et les percussions du jeu très présentes ! Elles sont souvent soulignées par un hall très naturel et chaud de 2,5 ou 3 secondes.

 

Préparation de pistes Part 10 – MIDI et mise en place

Portrait Tete from KR

Les problèmes liés au MIDI, tout d’abord…

Epoque de virtualisation oblige, imaginons qu’à ce stade, votre projet contienne encore des pistes de VSTi, Avant de mixer, je vous conseille de les convertir en audio. Elle seront homogènes avec les autres éléments à mixer, elles résisteront à votre changement de setup et pourront être lues ailleurs que sur votre installation. Mais avant cela, il faudra vérifier les derniers détails! Que les notes ne se chevauchent pas dans les lignes monophoniques et que les vélocités et autre contrôleurs soient bien réglés, par exemple! Utilisez la fonction freeze, si votre logiciel le permet, elle vous permettra de revenir facilement sur un paramètre MIDI oublié ! N’hésitez pas à tenir un petit fichier de notes et des copies d’écran sur votre projet. Le module utilisé, le nom du preset, les modifs apportées… Un peu fastidieux sur l’instant mais tellement utile en cas de retour en arrière

pistes-midi

La Mise en place Évoquons quelques défauts artistiques, maintenant : votre batteur n’est pas un « beat box », bien sûr ! Il faut tout de même se fixer des limites: Il est quasi impossible de bien mixer une rythmique qui n’est pas calée et un «basse batterie» garantit les bonnes fondations d’un morceau dans de nombreux genres musicaux. Un « slap » de basse «à côté» est pire que «pas de note du tout», soyez en certain! Repérez vous, bien sûr, à la grille de tempo si un métronome a été utilisé à la prise et, dans le cas contraire, identifiez un instrument étalon en la matière, de façon à rapprocher les «petits égarés» du groove de base ! La justesse de votre diagnostique est importante car si vous partez « à l’envers » en vous basant sur la mauvaise référence, c’est perdu d’avance! Le résultat sera catastrophique Quelquefois, de petits aménagements sur plusieurs pistes sont préférables à de grosses modifications « à la serpe ». Attention à vos crossfades, lorsque vous décalez un ou plusieurs éléments. Les clics que des jonctions rapides peuvent générer ne sont pas toujours audibles mais ils polluent sérieusement le résultat. Une seule solution, l’écoute soigneuse en solo sauf si, comme Samplitude, votre logiciel propose le « crossfade automatique »!

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A savoir: un musicien qui se décale… compense automatiquement. Résultat des courses: si un passage presse, il est très probable que le suivant soit « très au fond », voire pire! C’est notre fonctionnement, nous sommes faits comme ça!

 

 

L’acoustique du studio de Remi Hiblot à Laon

J’ai souhaité faire une petite pause dans mes articles pédagogiques afin de vous parler d’une réalisation acoustique que je viens de terminer pour le studio d’un ami, en Picardie!

Fin 2015, Rémi Hiblot, très bon batteur et musicien, me demandait de m’intéresser à l’acoustique du sous-sol de sa maison; il souhaitait en faire son studio. Un peu plus qu’une installation domestique!… Plutôt plus près du « project studio » pouvant accueillir des projets sérieux et ambitieux. Les deniers étaient comptés et l’endroit possédait une isolation acoustique assez faible et une configuration difficile.

1ère visite du lieu Brut en Novembre 2015 avec mesures et études modales à la clé!!

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Rémi avait suivi une formation de mixage chez moi et nous avions vraiment sympathisé. Il m’avait confié quelques masterings dans l’intervalle et je pouvais prolonger un peu les moments de transmission. Plusieurs de ses mixes présentaient des qualités évidentes mais aussi… quelques défauts récurrents. Il travaillait en nomade dans des lieux très différents aux acoustiques variables et peu maitrisées. Ce poste de design acoustique était donc primordial pour lui! Il a fallu commencer en isolant les ouvertures de plafond qui donnaient sur la rue, se battre contre une humidité récurrente et toutes sortes de douceurs!

Encore une fois, l’enveloppe budgétaire était plus que serrée, mais Rémi est un bon bricoleur et il est bien entouré! J’ai donc décidé d’effectuer les mesures, de faire l’étude, de lui livrer les plans et de le laisser travailler en le pilotant à distance. C’est la toute première fois que je ne contrôle pas un chantier acoustique en cours de réalisation. Bien sûr, je recevais de temps à autres quelques photos, une demande de précision sur un de mes plans…

Hier, 21 septembre, nous avions rendez-vous pour venir refaire les mesures du lieu acoustiquement bouclé et pour régler l’égalisation. Rémi a très bien travaillé! Son lieu respire la santé sonore. J’ai diffusé toute une série de signaux de calages, de plages sonores à travers mon système HD sur Audirvana et un DAC portable. Du coup, j’ai même complètement redécouvert les petites Genelec 1030 (que pour ma part, j’ai toujours préféré aux 1031 pourtant beaucoup plus répandues). Quelle récompense, lorsqu’une pièce qui présente de réelles difficultés de base, comme celle-ci, se transforme en un lieu d’écoute privilégié! Le sweet spot est très étendu et permet d’accueillir au moins trois auditeurs dans de bonnes conditions. La réverbération du lieu est mesurée et homogène et la dispersion est exemplaire!! ça, c’est top!

Panoramique à l’entrée de la caverne!

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Rémi se sert de la partie « entrante » de son lieu comme plateau de prise. L’alternance de pierre, de surfaces réfléchissantes, de diffuseurs et de gros bass traps, permet de créer de mini-volumes aux identités variables. La batterie du maitre les lieux sonne comme jamais. Prêt pour accueillir de beaux albums.

Cabine intégrée

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Voilà, je suis content pour mon ami, plutôt fier de ma réalisation et… après avoir terminé la réalisation d’une quatrième cabine en cours, (je vous en perlerai bientôt!), je pense à me fabriquer ma propre acoustique!! L’histoire des cordonniers qui sont toujours le plus mal chaussés, quoi!!

Préparation de pistes Part 7 – Niveaux et infra-grave

Portrait Tete from KR

Et voilà… la trêve estivale se termine doucement pour les uns et… plus brutalement pour les autres! En pleine écriture d’un dossier complet à venir sur le mixage, (à paraître dans KR Magazine dans les prochaines semaines), je prends quelques minutes pour vous proposer le 7ème volet sur notre préparation de pistes. Aujourd’hui, l’infra grave et la mise à niveau!

Couper le bas?

Cela reste vrai pour nombre de prises, tant acoustiques que synthétiques. Les très basses fréquences, en dessous de 25 ou 30 Hz sont inutiles et accaparent beaucoup d énergie en sollicitant les processeurs de dynamique. Il peut s avérer utile de garder un affichage spectral de votre mix bien en vue vous détecterez vite la moindre anomalie de niveau dans ce registre ! N’hésitez donc pas à appliquer des « passe haut » successifs qui seront beaucoup plus musicaux et transparents qu’un seul gros traitement, très intrusif. Le tout premier filtrage de ce type est souvent envisagé sur le micro lui-même

M149 HiPass

Sur les micros haut de gamme, les fréquences proposées sont multiples et il est possible d’éliminer les indésirables sans toucher au son lui même.

Mise à niveau

Impossible d’opérer de beaux suivis si vous êtes envahi de sautes de niveaux entre vos régions. Là encore, un composite rapide peut cacher des écarts importants. Veillez à l homogénéité d’un même instrument ou d’une voix avant de vous attaquer à son ajustement de niveau dans le mix, vous gagnerez un temps précieux!

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To be continued…

Bonne rentrée à tous et toutes!

 

Préparation des pistes Part 3 – La voix et ses plosives!

Portrait Tete from KR

Reprenons l’inventaire de nos petites altérations de pistes. Celles qui nous empêchent d’avoir un beau son clair, profond et transparent…

Intéressons-nous à la voix, tout d’abord: Les « pops » des plosives sont directement issus du flux d’air du vocaliste. Si ce flux est trop important et fait face au micro sans protection, celui ci va coller temporairement la pastille et occasionner une impulsion dans l’infra grave. Dans un statique, même un tant soit peu spécialisé dans la prise de voix, c’est sans appel. La sensibilité et le faible débattement du diaphragme jouent contre vous! Il faut donc impérativement s’en débarrasser!!

Avant toute chose, pour l’éviter s’il en est encore temps et que vous n’avez pas terminé vos prises: Evitez-donc de situer le/la vocaliste directement en face du capteur sans grille anti-pop de protection. Rappelez-vous, le responsable… c’est l’air qui parvient jusqu’au diaphragme. Il ne véhicule aucun son par lui même! Pas de pitié donc! La première solution qui vient à l’esprit: placer un filtre mécanique anti-pop entre le performeur et le micro.

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Pas cher, on le trouve partout… et je garde un souvenir ému de ceux que nous fabriquions avec des cintres métalliques sur lesquels nous tendions un bas… Eh oui, ils n’ont pas toujours existé, ces filtres tout faits! Si vous n’en n’avez pas sous la main et que l’aventure du bricolage vous tente, je vous invite à consulter ce petit tutoriel audiofanzine… Malin comme tout!

Si comme moi vous préférez ne pas en mettre, que vous souhaitez un son plus direct, vous pouvez opter pour un positionnement de micro original et très efficace:

160609-Voix antipop2  160609-Voix antipop4

Le fait de remonter le capteur conserve la proximité, on profite un peu du grave qu’apporte la conduction osseuse tout en évitant le souffle direct. Oui mais voilà… la nature profonde du chanteur lui fait souvent lever la tête à la recherche du capteur qui valorise sa voix… Et hop, tout est à refaire! Une deuxième petite astuce consiste à placer un micro factice bien en face de lui; eh eh… Avec un peu de zèle, on peut même aller jusqu’à l’équiper d’une grille anti-pop pour rendre notre petit montage plus crédible!

160609-Voix antipop3

Regardez.. le seul vrai micro, le seul qui soit branché… C’est le Neumann du haut! Ce magnifique PL20 ne sert qu’à attirer le regard de l’Artiste, à le faire se concentrer sur le fait « de-ne-pas-envoyer-d’air » dans le mic principal! Pas mal, non? N’oubliez tout de même pas d’appliquer là aussi un coupe bas sur micro (le vrai… celui qui est branché, hein?) et le préampli. À vous de tester le seuil à partir duquel vous commencerez à « attaquer » la voix afin de rester un peu en deça des fondamentales de la star!

Le mal est fait? Vous êtes en train de mixer et les « p » explosent régulièrement dans le bas du spectre? Il faut prendre un moment pour le nettoyage de vos pistes. Il faut brièvement et drastiquement filtrer la piste à l aide d un coupe bas! N’hésitez pas à automatiser le réglage de la fréquence de coupure afin de pouvoir le relâcher lorsqu’il doit rester plus léger. Mais conservez tout de même une coupure constante… Comme dans bien des pistes, l’infra grave n’est ni nécessaire ni même souhaitable. Imaginez les compressions successives qui vont remonter ces niveaux bas, surcharger les processeurs audio… Bref, rien à gagner en dessous de 75Hz, sur une piste vocale!

Notre prochain rendez-vous nous permettra d’aborder les sifflantes et le traitement des respirations!

A très vite!