L’acoustique du studio de Remi Hiblot à Laon

J’ai souhaité faire une petite pause dans mes articles pédagogiques afin de vous parler d’une réalisation acoustique que je viens de terminer pour le studio d’un ami, en Picardie!

Fin 2015, Rémi Hiblot, très bon batteur et musicien, me demandait de m’intéresser à l’acoustique du sous-sol de sa maison; il souhaitait en faire son studio. Un peu plus qu’une installation domestique!… Plutôt plus près du « project studio » pouvant accueillir des projets sérieux et ambitieux. Les deniers étaient comptés et l’endroit possédait une isolation acoustique assez faible et une configuration difficile.

1ère visite du lieu Brut en Novembre 2015 avec mesures et études modales à la clé!!

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Rémi avait suivi une formation de mixage chez moi et nous avions vraiment sympathisé. Il m’avait confié quelques masterings dans l’intervalle et je pouvais prolonger un peu les moments de transmission. Plusieurs de ses mixes présentaient des qualités évidentes mais aussi… quelques défauts récurrents. Il travaillait en nomade dans des lieux très différents aux acoustiques variables et peu maitrisées. Ce poste de design acoustique était donc primordial pour lui! Il a fallu commencer en isolant les ouvertures de plafond qui donnaient sur la rue, se battre contre une humidité récurrente et toutes sortes de douceurs!

Encore une fois, l’enveloppe budgétaire était plus que serrée, mais Rémi est un bon bricoleur et il est bien entouré! J’ai donc décidé d’effectuer les mesures, de faire l’étude, de lui livrer les plans et de le laisser travailler en le pilotant à distance. C’est la toute première fois que je ne contrôle pas un chantier acoustique en cours de réalisation. Bien sûr, je recevais de temps à autres quelques photos, une demande de précision sur un de mes plans…

Hier, 21 septembre, nous avions rendez-vous pour venir refaire les mesures du lieu acoustiquement bouclé et pour régler l’égalisation. Rémi a très bien travaillé! Son lieu respire la santé sonore. J’ai diffusé toute une série de signaux de calages, de plages sonores à travers mon système HD sur Audirvana et un DAC portable. Du coup, j’ai même complètement redécouvert les petites Genelec 1030 (que pour ma part, j’ai toujours préféré aux 1031 pourtant beaucoup plus répandues). Quelle récompense, lorsqu’une pièce qui présente de réelles difficultés de base, comme celle-ci, se transforme en un lieu d’écoute privilégié! Le sweet spot est très étendu et permet d’accueillir au moins trois auditeurs dans de bonnes conditions. La réverbération du lieu est mesurée et homogène et la dispersion est exemplaire!! ça, c’est top!

Panoramique à l’entrée de la caverne!

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Rémi se sert de la partie « entrante » de son lieu comme plateau de prise. L’alternance de pierre, de surfaces réfléchissantes, de diffuseurs et de gros bass traps, permet de créer de mini-volumes aux identités variables. La batterie du maitre les lieux sonne comme jamais. Prêt pour accueillir de beaux albums.

Cabine intégrée

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Voilà, je suis content pour mon ami, plutôt fier de ma réalisation et… après avoir terminé la réalisation d’une quatrième cabine en cours, (je vous en perlerai bientôt!), je pense à me fabriquer ma propre acoustique!! L’histoire des cordonniers qui sont toujours le plus mal chaussés, quoi!!

Préparation de pistes Part 8 – fichiers dégradés

On ne choisit pas toujours les fichiers que l’on traite et, avant qu’ils n’arrivent chez vous, ces « audio files » ont quelquefois un parcours chaotique et « secret ». Et la traçabilité de l’audio, alors?

Fichiers dégradés

Même s ils ont été reconvertis dans votre format de session, il arrive que des sons issus de MP3 ou ayant été maladroitement « strechés » ou « pitchés » se nichent au milieu des sources plus nobles. Ils sont repérables lorsqu’on en analyse l’empreinte spectrale. Souvent coupé dans l’extrême aigu, le son ne « sonne » pas naturel. Pas grand chose à faire, si ce n est d’en connaître l’existence et la position dans le mix. Faute de pouvoir le remplacer par un original, il faut essayer de l’intégrer dans un contexte qui complète son spectre ou le traiter résolument Lo Fi afin d’en accentuer l’effet Le mal par le mal, en fait !

L’ajout de matière à travers du gros analogique peut quelquefois vous aider. Attention… pas question de prétendre redonner au son sa qualité première mais il m’arrive, par exemple, de créer des « multi-bandes » analogiques avec 3 voies de mon Euphonix ou de la grosse SSL d’Oméga/Abbey Road. Je fabrique un crossover avec les passe-bandes et mes EQ, je vais même parfois jusqu’à utiliser quelques outils dynamiques et… je bénéficie de la sommation de ces grosses consoles… et de quelques uns de mes outboards favoris! Assez bluffant sur certaines sources, même s’il faut passer du temps à ajuster les paramètres pour ne pas trop transformer l’identité sonore de départ! Encore une fois, il s’agit d’une astuce pour redonner un peu de vie à un signal trop compressé dynamiquement ou abîmé par des manipulations et conversions successives… pas d’une restauration!

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Préparation de pistes Part 7 – Niveaux et infra-grave

Portrait Tete from KR

Et voilà… la trêve estivale se termine doucement pour les uns et… plus brutalement pour les autres! En pleine écriture d’un dossier complet à venir sur le mixage, (à paraître dans KR Magazine dans les prochaines semaines), je prends quelques minutes pour vous proposer le 7ème volet sur notre préparation de pistes. Aujourd’hui, l’infra grave et la mise à niveau!

Couper le bas?

Cela reste vrai pour nombre de prises, tant acoustiques que synthétiques. Les très basses fréquences, en dessous de 25 ou 30 Hz sont inutiles et accaparent beaucoup d énergie en sollicitant les processeurs de dynamique. Il peut s avérer utile de garder un affichage spectral de votre mix bien en vue vous détecterez vite la moindre anomalie de niveau dans ce registre ! N’hésitez donc pas à appliquer des « passe haut » successifs qui seront beaucoup plus musicaux et transparents qu’un seul gros traitement, très intrusif. Le tout premier filtrage de ce type est souvent envisagé sur le micro lui-même

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Sur les micros haut de gamme, les fréquences proposées sont multiples et il est possible d’éliminer les indésirables sans toucher au son lui même.

Mise à niveau

Impossible d’opérer de beaux suivis si vous êtes envahi de sautes de niveaux entre vos régions. Là encore, un composite rapide peut cacher des écarts importants. Veillez à l homogénéité d’un même instrument ou d’une voix avant de vous attaquer à son ajustement de niveau dans le mix, vous gagnerez un temps précieux!

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To be continued…

Bonne rentrée à tous et toutes!

 

Préparation de pistes part 6 – les respirations

Portrait Tete from KR

L’air, le debreathing

L’air… c’est la vie, dit-on! Oui mais trop de respirations bruyantes dans une piste voix souvent destinée à être compressée, c’est toxique! Compressée, elle le sera au stade de la voix, du mix et du mastering!… Et comme elle domine l’équilibre logique d’un titre vocal, c’est elle qui recevra le process le plus lourd! Donc… premier conseil, soyez vigilant sur « ce qu’il doit rester » des respirations.

Il est très important de gérer leurs niveaux et leurs couleurs. Surestimées et un peu « épaisses », elles deviendront vite encombrantes avec les étages successifs de compression et à l’inverse, lorsqu’elles sont absentes ou franchement sous dosées, la voix perd en naturel. Bien sûr, quelques plug-in bien pensés peuvent vous faciliter la tâche.

le Debreather de Waves.

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Cet outil étonnant est très performant. Un peu à l’image d’un « super noise gate » il possède un seuil de déclenchement pour le signal principal mais aussi un réglage de seuil de détection des respirations. Il permet les ajustements d’enveloppe, d’atténuation, d’écoute solo du signal traité… Bref « presque aussi bien » qu’à la main! N’hésitez pas à en automatiser le seuil en solo pour qu’un écart dynamique ne vienne pas malencontreusement gommer une syllabe!

Pour ma part, j’isole souvent les respirations sur une piste séparée afin d’avoir accès à leur volume d’ensemble. Je pourrai ainsi les alléger en graves, les automatiser ou même les exclure d’un traitement dynamique destiné à la voix. Par ailleurs, il est souvent nécessaire d’écouter le résultat final des respirations de la piste de compilation. En ayant modifié les intentions, en ayant assemblé des prises dont les pauses n’étaient pas forcément identiques, il est fort possible que nous ayons créé des doubles respirations ou que nous en ayons écourté ou allongé certaines. Faute de les avoir écoutées à fort volume, en solo, vous pouvez laisser passer des choses assez « étranges » ; soyez attentifs ! Certains artistes tapent du pied, de nombreuses climatisations fabriquent des fonds sonores omniprésents : n’hésitez donc pas à exagérer temporairement la compression et le niveau de votre « bus voix » d’écoute : vous caricaturerez un peu les problèmes et ils vous sauteront aux oreilles. Lorsque vous reviendrez à de plus justes proportions, vous aurez installé une marge dynamique confortable et plus aucun parasite ne viendra sérieusement concurrencer votre lead qui n’aura pas perdu vie pour autant.

A l’inverse, le silence numérique dans un environnement naturel est un ennemi redoutable. Il m’arrive souvent de capter le fond sonore résiduel – très léger, bien sûr – afin de le réinsérer dans un endroit trop silencieux !

 

Préparation des pistes (5) Sifflantes – les outils

Portrait Tete from KR

Puisque nous parlons sifflantes, regardons de près quelques outils permettant de les traiter… avec élégance.

Une fois n’est pas coutume… je vais cette fois-ci donner la pôle position aux plug-in qui s’acquittent infiniment mieux de cette tâche que nos pauvres dé-sseurs « hard » d’autrefois. deesseurs vintage TR

Ces machines étaient assez sommaires bien qu’elles se soient beaucoup améliorées au fil du temps, la palette d’outils logiciels aujourd’hui est infiniment plus puissante et variée.

Si vous faites partie des « minutieux », des « consciencieux »… voire des « maniaques avérés », (je ne vous blâme pas… je fais partie de ceux-là!) alors… ma préférence va nettement au traitement manuel. Il reste sans équivalent. C’est un peu la comparaison que nous pourrions faire entre du « sur mesure » et du « prêt à porter »!

La famille Samplitude/Sequoia ou la suite Izotope RX vous proposent un nettoyage spectral. Dans l’histogramme qui figure ci-dessous, plus la couleur est claire plus l’intensité est importante. L’axe vertical des fréquences vous renseigne instantanément sur la localisation des « accidents fréquentiels » et les sifflantes, (mais aussi les glissements de cordes de guitares, les porteuses récurrentes), deviennent lisibles et accessibles aux traitements…Spectral Cleaning

Voici comment vos sifflantes vont apparaître dans la fenêtre principales de votre « Spectral Cleaning ». Là non plus, vous ne pouvez pas les manquer! Libre à vous de les atténuer, (en pourcentage), de les supprimer, (pas très naturel!) et d’aménager les zones de crossfades entre régions brutes et celles qui sont traitées. Avec un peu d’habitude, vous pouvez les sélectionner visuellement et les vérifier en audio… Si vous vous livrez à cet exercice avec soin, cette technique est irremplaçable car elle ne transforme pas le son, elle atténue des fréquences que vous déterminez dans la proportion que vous souhaitez… difficile de faire plus naturel et efficace! il faut prendre le temps de le faire… voilà tout!

Si vous ne souhaitez pas, (ou ne pouvez pas!), y consacrer autant de temps, vous pouvez construire votre déesseur à partir d’un compresseur qui permet l’insert d’un EQ en side-chain. Le meilleur exemple reste le C1-SC de waves.

1 Détection

Dans un premier temps, après avoir inséré le Waves C1-SC et avoir basculé « l’EQ mode » en split ou sidechain, (sans cela vous ne pourriez avoir accès au circuit d’écoute du circuit filtré de la section Monitor), vous allez balayer la plage de fréquence des 4 / 10KHz en ayant  pris soin de boucler l’audio sur une partie où les « S » se font durement sentir. A ce stade, vous devez localiser le point culminant des « indésirables » qui sont souvent centrées un peu au dessus de 6KHz. Bien sûr, dans les exemples qui sont joints, je suis favorisé par l’affichage spectral qui est propre à Samplitude… Les « S » apparaissent en « grisé » et je ne peux pas les louper! Le facteur « Q » de ce filtre reste accessible mais je vous conseille de rester dans des valeurs minimales sous peine de toucher beaucoup d’autres cibles que celles que vous vous êtes fixées.

2 En sidechain

Dans un deuxième temps vous rebasculerez le monitor sur Audio et pourrez atténuer le volume général sur la base de cette détection. Dans ce cas, je vous conseille une atténuation raisonnable sous peine d’entendre un pompage. L’avantage de ce mode est qu’il reste relativement naturel puisqu’il ne modifie que le niveau sans toucher au contenu fréquentiel.

3 en split

Vous pouvez également basculer en Split et corriger plus durement la seule plage concernée… attention, un traitement trop lourd transforme les « S » en « F » et « f’est vraiment pas fexfy »

Vous pouvez aussi employer un dé-esseur dédié qui « fera la job » fort honnêtement si vous n’en n’abusez pas! Le Waves ou le natif Samplitude ci-dessous sont de simples mais bons outils!

5 Deesseur natif

Reste mon petit préféré du moment: le module DS de Fabfilter. Tout y est: Histogramme avec surlignage des partie de waveformes traitées, encadrement des fréquences sélectionnées, visualisation des intensités, prédétection, Threshold, range et même sur-échantillonnage pour traiter plus finement les aigus… Difficile de le prendre en défaut, celui-là!

 

 

4 Fabfilter

La solution la plus fine réside souvent dans une succession de traitements différents et légers. Un déessing de 2 ou 3 dB suivi d’une automation des niveaux de sifflantes fonctionne discrètement et efficacement dans bien des cas.

Attention, attaquez vous toujours à une piste sans effet! Une piste réverbérée accroche et prolonge les « sibilances » en interdisant leur traitement ponctuel!!

un petit secret? il m’arrive même de ne dé-esser que mon envoi réverbe…. Eh oui!

 

 

Préparation des pistes Part 4 – sifflantes (principes et détection)

Portrait Tete from KR

Nous sommes toujours dans le domaine vocal et après avoir réglé les excès de Plosives, nous devons gérer ses « S » qui n’en finiSSent pas de Siffler dans noS oreilles!

Les sifflantes (sibillances en anglais), sont des défauts exclusifs des voix, (nous le verrons un peu plus tard, les dé-esseurs s’avèrent être des outils bien plus polyvalents qu il n y paraît). Le problème est induit par nombre de techniques actuelles de production, notamment celle du close-miking. Prendre le son en extrême proximité induit des effets de loupe, de grossissement de certains défauts. lorsque un artiste lyrique se tient à 80 cm ou 1m du micro, il n’est pas confronté à ce petit sifflement d’air! A 15 ou 20 cm de distance, sur une voix bien compressée issue d’un statique à large membrane, en revanche… Deux facteurs viennent s’ajouter à cela. Les micros que nous employons sont habituellement recherchés pour leur présence dans le registre aigu et ensuite, ce fameux placement horizontal traditionnel, faisant face à l’artiste, n’arrange pas les choses!

Habituellement ciblés un peu au-dessus de 6KHz, l’excès de « S » se traduit par une véritable dureté et surtout… une fâcheuse tendance à accrocher les réverbes. Les sifflantes constituent donc un problème récurrent et… lorsque vous produisez une voix, il faut obligatoirement vous y attaquer d’une manière ou d’une autre!

Bien entendu, la plus simple manière de régler le problème est de baisser ponctuellement le niveau des plages concernées. Il reste possible de le faire par automation en prenant soigneusement le temps de sélectionner chaque spot et d’y revenir le cas échéant jusqu’à complète satisfaction… Long et fastidieux mais… efficace puisque vous choisirez sur mesure l’enveloppe et l’ampleur de votre atténuation!

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Grâce aux « Comparisonics Colors » que Sequoia/Samplitude affiche, il devient très facile de localiser des plages de fréquences particulières. Les sifflantes sont repérées à la « vitesse de la lumière »

Qu’est-ce qu’un dé-esseur? Quel est l’outil miracle qui va se charger de cette tâche rebutante à notre place? Dans un premier cas de figure, le dé-esseur est en fait un compresseur disposant d’un EQ en side-chain. Le réglage est spécialisé dans les registres qui nous intéressent. L’avantage du compresseur est qu’il va agir en proportion des intensités rencontrées… Un « S » long et fort sera traité de manière plus radicale qu’un passage plus léger ou moins long.

1er cas de figure: Le dé-esseur large bande.

160619-Deesseur large bande

L’EQ Sidechain du dé-esseur est généralement constituée d’un filtre passe-haut à 4KHz qui rend le compresseur insensible en dessous de cette fréquence. Lorsque le seuil est atteint, le compresseur agit sur la totalité du spectre. On parle d’un dé-esseur en mode side-chain ou absolute.  Bien sûr le ciblage des précis fréquences rencontrées reste possible.

La deuxième famille de déesseur ne traite que la bande détectée. Elle agit un peu comme une portion de compresseur multi-bandes.

160619-Deesseur multibandes

 

Dans ce cas de figure, on peut être un peu plus intrusif qu’en large bande. La limite réside dans le fait qu’un excès de ce traitement transforme les « S » en « F » et pose un affreux cheveu sur la langue de celui qui parle ou chante… Les plug-in de dé-essing proposent souvent les deux modes de traitement. Dans ce cas précis, on évoque alors les modes « split » ou « relative » ou encore « multi-bandes »

Lors de notre prochain rendez-vous, nous recenserons quelques outils réservés à cette tâche!

 

Préparation des pistes Part 3 – La voix et ses plosives!

Portrait Tete from KR

Reprenons l’inventaire de nos petites altérations de pistes. Celles qui nous empêchent d’avoir un beau son clair, profond et transparent…

Intéressons-nous à la voix, tout d’abord: Les « pops » des plosives sont directement issus du flux d’air du vocaliste. Si ce flux est trop important et fait face au micro sans protection, celui ci va coller temporairement la pastille et occasionner une impulsion dans l’infra grave. Dans un statique, même un tant soit peu spécialisé dans la prise de voix, c’est sans appel. La sensibilité et le faible débattement du diaphragme jouent contre vous! Il faut donc impérativement s’en débarrasser!!

Avant toute chose, pour l’éviter s’il en est encore temps et que vous n’avez pas terminé vos prises: Evitez-donc de situer le/la vocaliste directement en face du capteur sans grille anti-pop de protection. Rappelez-vous, le responsable… c’est l’air qui parvient jusqu’au diaphragme. Il ne véhicule aucun son par lui même! Pas de pitié donc! La première solution qui vient à l’esprit: placer un filtre mécanique anti-pop entre le performeur et le micro.

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Pas cher, on le trouve partout… et je garde un souvenir ému de ceux que nous fabriquions avec des cintres métalliques sur lesquels nous tendions un bas… Eh oui, ils n’ont pas toujours existé, ces filtres tout faits! Si vous n’en n’avez pas sous la main et que l’aventure du bricolage vous tente, je vous invite à consulter ce petit tutoriel audiofanzine… Malin comme tout!

Si comme moi vous préférez ne pas en mettre, que vous souhaitez un son plus direct, vous pouvez opter pour un positionnement de micro original et très efficace:

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Le fait de remonter le capteur conserve la proximité, on profite un peu du grave qu’apporte la conduction osseuse tout en évitant le souffle direct. Oui mais voilà… la nature profonde du chanteur lui fait souvent lever la tête à la recherche du capteur qui valorise sa voix… Et hop, tout est à refaire! Une deuxième petite astuce consiste à placer un micro factice bien en face de lui; eh eh… Avec un peu de zèle, on peut même aller jusqu’à l’équiper d’une grille anti-pop pour rendre notre petit montage plus crédible!

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Regardez.. le seul vrai micro, le seul qui soit branché… C’est le Neumann du haut! Ce magnifique PL20 ne sert qu’à attirer le regard de l’Artiste, à le faire se concentrer sur le fait « de-ne-pas-envoyer-d’air » dans le mic principal! Pas mal, non? N’oubliez tout de même pas d’appliquer là aussi un coupe bas sur micro (le vrai… celui qui est branché, hein?) et le préampli. À vous de tester le seuil à partir duquel vous commencerez à « attaquer » la voix afin de rester un peu en deça des fondamentales de la star!

Le mal est fait? Vous êtes en train de mixer et les « p » explosent régulièrement dans le bas du spectre? Il faut prendre un moment pour le nettoyage de vos pistes. Il faut brièvement et drastiquement filtrer la piste à l aide d un coupe bas! N’hésitez pas à automatiser le réglage de la fréquence de coupure afin de pouvoir le relâcher lorsqu’il doit rester plus léger. Mais conservez tout de même une coupure constante… Comme dans bien des pistes, l’infra grave n’est ni nécessaire ni même souhaitable. Imaginez les compressions successives qui vont remonter ces niveaux bas, surcharger les processeurs audio… Bref, rien à gagner en dessous de 75Hz, sur une piste vocale!

Notre prochain rendez-vous nous permettra d’aborder les sifflantes et le traitement des respirations!

A très vite!

La préparation des pistes part 2

Portrait Tete from KRLes altérations sonores… et leurs remèdes

Distorsions, saturations souffle et clics sont dans un bateau…

Examinons les défauts purement techniques par ordre de pénibilité (la pénibilité des sons ? Si, si… je vous assure !)… Pôle position : la distorsion… La vraie! Contre elle, difficile de se battre ! Une saturation analogique progressive peut être recyclée. La distorsion numérique franche est laide et rédhibitoire.

Dans certains cas, l’outil de « declipping » d’un Sequoia ou d’une suite de restauration logicielle peut vous sauver la mise. Il interprétera une suite de samples à 0 dB (le seuil de déclenchement et le nombre de samples nécessaires à son action sont souvent réglables) de façon à les remodeler légèrement et créer une micro dynamique qui l’éloignera de la désagréable sensation qui accompagne une suite d’échantillons « au taquet ».

Si certaines altérations sont évidentes, d’autres sont subtiles. Évaluer la très légère ou très brève distorsion d’un son peut s’avérer laborieux. Multipliez les approches d’écoute, de niveau, mono/stéréo/casques. Souvent, curieusement, elle s’appréciera mieux à bas volume. Lorsqu’aucun traitement n’en vient à bout, il arrive que l’on doive remplacer la crête incriminée par un moment identique du morceau. On peut même envisager de saturer légèrement une basse sur sa longueur pour qu’un instant de franche saturation soit mieux perçu.

Dynamique de lecture

Autrefois lié à la dynamique réduite de nos bandes, le souffle « d’addition » est désormais évitable. S’il vous arrive d’en récupérer, le « déhisseur » reste simple d’usage. Sensible au spectre et à la dynamique, bien ajusté, il viendra facilement à bout du problème. Nous reviendrons sur l’utilisation de tels outils lors d’un prochain article ou de vidéos. Nous en profiterons pour aborder également le débruitage et le déparasitage des sons.

Les clicks, quant à eux, sont générés de deux manières : les défauts d’horloge (assez rares car vite repérés puisqu’ ils sont récurrents) ou des jonctions de régions mal gérées. Une compilation de voix faite à la va vite et sans aménagement de crossfades en produit des wagons ! Je le sais… je le vis en permanence en recevant des sessions rapides, effectuées sur des softs qui ne gèrent pas « l’auto-crossfade » et qui nous demandent, à mon assistant et à moi, une inspection minutieuse de toutes les pistes une à une. De votre côté, si vous avez encore accès aux régions séparées, l’idéal reste de revisiter ces assemblages et de les retravailler. Dans le cas contraire, tentez le déclickeur. Les versions récentes de ces outils sont paramétrables, discrètes et efficaces et peuvent vous tirer d’affaire…

To be continued…

 

La disparition d’un « Grand » du son!

Ma peine a été immense, lorsque j’ai appris hier, que Patrice Cramer nous avait quitté à la suite de sa longue maladie. J’ai souhaité marquer un temps d’arrêt dans mes publications pédagogiques et rendre un hommage appuyé à cet extraordinaire ingénieur du son. Il fût pour moi, l’une des rencontres « phares » de ma carrière. Nous nous étions encore rapprochés dernièrement. Ma peine est immense!

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En toute humilité, voici les mots que cette disparition m’a inspiré…

Mon Dieu que je suis triste… Mon Grand Frère est parti! Patrice Cramer a longtemps été mon inspirateur… un modèle à suivre… Quelqu’un qui avait fait du son un métier, « un vrai » avant que cela en soit vraiment un! Nous avions échangé beaucoup, encore récemment sur le moral qu’il fallait absolument conserver dans ce p… de combat que je connais bien… et je suis bien certain que tu n’as jamais failli, mon Patrice! Il a dû t’avoir pendant que t’étais occupé ailleurs. Je me joins à tous les magnifiques témoignages que je vois passer, ceux d’Yves, de Diane et de Stéphane m’ont particulièrement touchés. Je suis d’ailleurs certain qu’ils vont pleuvoir, ces petits mots qui prouvent à quel point tu as compté dans ce paysage sous toutes ses formes… Dans mon parcours de coach, aujourd’hui, lorsque je tente d’expliquer ce que doit être un vrai professionnel du son, ton nom revient bien souvent!! Et très au-delà du pro, je salue l’Homme et ses énormes qualités de fond!! Je t’embrasse de tout mon cœur et j’envoie toutes mes amitiés à ta (nombreuse) famille. Je t’aime fort, moi aussi! Eclaire-nous le chemin, de là où tu es! Et fous-nous un peu le bordel, là-haut… Tu ne devrais pas avoir de problème pour te faire entendre, avec ton caractère bien trempé!!

Bise vieux!

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La préparation des pistes – Part 1

Portrait Tete from KR

Mixer, oui ! Mais une session « brouillon » va t elle pouvoir vous mener à un mix clair et expressif ? Quelles « opérations magiques » de préparation vont nous permettre d’assembler et d’harmoniser tous ces sons ? Nous avons reçu nombre de projets qui auraient dû être directement « mixables » ! Ils auraient dû l’être… oui… mais nous avons souvent dû les reprendre, piste par piste afin de les rendre utilisables ! Vous ne pouvez y couper… Il va falloir éditer, nettoyer et choisir, même! Avant même de vouloir faire sonner, il vous faut des pistes prêtes à être mixer!

Jusque là, nous avions nommé et agencé nos tracks. Elles étaient rassemblées de manière fonctionnelle et vous pensiez pouvoir vous faire une idée précise du morceau et le mixer directement. Aujourd hui, il faut bien le reconnaître, certaines gênes apparaissent à l’écoute. Examinons les choses en détail. La batterie n est pas très en place, la basse est un peu sale et peu définie, les fréquences se chevauchent, la grosse caisse ou le grave du piano « empêchent la basse de sonner et certains éléments donnent le sentiment de saturer rapidement. Les silences ne sont pas propres. Les plosives de la voix sortent de notre équilibre de manière tonitruante, les « s » n en finissent pas de siffler et menacent d accrocher la moindre velléité de reverb Bref, sans savoir l’expliquer véritablement vous percevez le malaise. Les ingrédients ne sont pas prêts à être mélangés, ils doivent être préparés.

Vous ne pouvez l’éviter; il faut reprendre vos pistes une par une et faire un inventaire précis des problèmes rencontrés. Profitez donc de cette écoute minutieuse pour prendre des repères de mix, la structure, les passages « encombrés » ou les manques. N hésitez pas à prendre des notes avant de vous habituer aux défauts du titre que vous allez entendre à de très nombreuses reprises. Rappelez vous : vous n êtes jamais plus proche de l écoute de l auditeur final (et c’est pour lui que vous mixez en priorité, non ?), que lors de votre première écoute ! Par définition, elle ne se reproduira pas ; il faut donc impérativement consigner vos impressions.

Si vous découvrez complètement le titre, sachez décoder l’arrangement. Lors d enregistrements novices, la peur de l’espace sonore, encore un peu vide à ce stade, conduit souvent le musicien à  « en rajouter » afin de meubler. Dans un deuxième temps, lorsque les pistes de complément arrivent, le manque de place se fait infailliblement sentir ! L ensemble étant encombré, il va falloir jouer de la censure en sacrifiant certains passages ou même certains instruments. Lue graphiquement, l occupation du spectre par les divers exécutants peut s avérer utile. Mais quand est ce que ce satané chant de basse à l octave va enfin s arrêter pour laisser la place à l arpège de guitare ?

Figure 1 Spectre - Instruments

Où l’on démontre qu’une simple formation guitare, basse, batterie et voix pose d’ores et déjà des problèmes de répartition du spectre. Ne parlons pas des claviers qui peuvent occuper tout ou partie du spectre… sans limite !