Préparation de pistes Part 7 – Niveaux et infra-grave

Portrait Tete from KR

Et voilà… la trêve estivale se termine doucement pour les uns et… plus brutalement pour les autres! En pleine écriture d’un dossier complet à venir sur le mixage, (à paraître dans KR Magazine dans les prochaines semaines), je prends quelques minutes pour vous proposer le 7ème volet sur notre préparation de pistes. Aujourd’hui, l’infra grave et la mise à niveau!

Couper le bas?

Cela reste vrai pour nombre de prises, tant acoustiques que synthétiques. Les très basses fréquences, en dessous de 25 ou 30 Hz sont inutiles et accaparent beaucoup d énergie en sollicitant les processeurs de dynamique. Il peut s avérer utile de garder un affichage spectral de votre mix bien en vue vous détecterez vite la moindre anomalie de niveau dans ce registre ! N’hésitez donc pas à appliquer des « passe haut » successifs qui seront beaucoup plus musicaux et transparents qu’un seul gros traitement, très intrusif. Le tout premier filtrage de ce type est souvent envisagé sur le micro lui-même

M149 HiPass

Sur les micros haut de gamme, les fréquences proposées sont multiples et il est possible d’éliminer les indésirables sans toucher au son lui même.

Mise à niveau

Impossible d’opérer de beaux suivis si vous êtes envahi de sautes de niveaux entre vos régions. Là encore, un composite rapide peut cacher des écarts importants. Veillez à l homogénéité d’un même instrument ou d’une voix avant de vous attaquer à son ajustement de niveau dans le mix, vous gagnerez un temps précieux!

waveform_6mix

To be continued…

Bonne rentrée à tous et toutes!

 

Préparation de pistes part 6 – les respirations

Portrait Tete from KR

L’air, le debreathing

L’air… c’est la vie, dit-on! Oui mais trop de respirations bruyantes dans une piste voix souvent destinée à être compressée, c’est toxique! Compressée, elle le sera au stade de la voix, du mix et du mastering!… Et comme elle domine l’équilibre logique d’un titre vocal, c’est elle qui recevra le process le plus lourd! Donc… premier conseil, soyez vigilant sur « ce qu’il doit rester » des respirations.

Il est très important de gérer leurs niveaux et leurs couleurs. Surestimées et un peu « épaisses », elles deviendront vite encombrantes avec les étages successifs de compression et à l’inverse, lorsqu’elles sont absentes ou franchement sous dosées, la voix perd en naturel. Bien sûr, quelques plug-in bien pensés peuvent vous faciliter la tâche.

le Debreather de Waves.

debreath

Cet outil étonnant est très performant. Un peu à l’image d’un « super noise gate » il possède un seuil de déclenchement pour le signal principal mais aussi un réglage de seuil de détection des respirations. Il permet les ajustements d’enveloppe, d’atténuation, d’écoute solo du signal traité… Bref « presque aussi bien » qu’à la main! N’hésitez pas à en automatiser le seuil en solo pour qu’un écart dynamique ne vienne pas malencontreusement gommer une syllabe!

Pour ma part, j’isole souvent les respirations sur une piste séparée afin d’avoir accès à leur volume d’ensemble. Je pourrai ainsi les alléger en graves, les automatiser ou même les exclure d’un traitement dynamique destiné à la voix. Par ailleurs, il est souvent nécessaire d’écouter le résultat final des respirations de la piste de compilation. En ayant modifié les intentions, en ayant assemblé des prises dont les pauses n’étaient pas forcément identiques, il est fort possible que nous ayons créé des doubles respirations ou que nous en ayons écourté ou allongé certaines. Faute de les avoir écoutées à fort volume, en solo, vous pouvez laisser passer des choses assez « étranges » ; soyez attentifs ! Certains artistes tapent du pied, de nombreuses climatisations fabriquent des fonds sonores omniprésents : n’hésitez donc pas à exagérer temporairement la compression et le niveau de votre « bus voix » d’écoute : vous caricaturerez un peu les problèmes et ils vous sauteront aux oreilles. Lorsque vous reviendrez à de plus justes proportions, vous aurez installé une marge dynamique confortable et plus aucun parasite ne viendra sérieusement concurrencer votre lead qui n’aura pas perdu vie pour autant.

A l’inverse, le silence numérique dans un environnement naturel est un ennemi redoutable. Il m’arrive souvent de capter le fond sonore résiduel – très léger, bien sûr – afin de le réinsérer dans un endroit trop silencieux !

 

Préparation des pistes (5) Sifflantes – les outils

Portrait Tete from KR

Puisque nous parlons sifflantes, regardons de près quelques outils permettant de les traiter… avec élégance.

Une fois n’est pas coutume… je vais cette fois-ci donner la pôle position aux plug-in qui s’acquittent infiniment mieux de cette tâche que nos pauvres dé-sseurs « hard » d’autrefois. deesseurs vintage TR

Ces machines étaient assez sommaires bien qu’elles se soient beaucoup améliorées au fil du temps, la palette d’outils logiciels aujourd’hui est infiniment plus puissante et variée.

Si vous faites partie des « minutieux », des « consciencieux »… voire des « maniaques avérés », (je ne vous blâme pas… je fais partie de ceux-là!) alors… ma préférence va nettement au traitement manuel. Il reste sans équivalent. C’est un peu la comparaison que nous pourrions faire entre du « sur mesure » et du « prêt à porter »!

La famille Samplitude/Sequoia ou la suite Izotope RX vous proposent un nettoyage spectral. Dans l’histogramme qui figure ci-dessous, plus la couleur est claire plus l’intensité est importante. L’axe vertical des fréquences vous renseigne instantanément sur la localisation des « accidents fréquentiels » et les sifflantes, (mais aussi les glissements de cordes de guitares, les porteuses récurrentes), deviennent lisibles et accessibles aux traitements…Spectral Cleaning

Voici comment vos sifflantes vont apparaître dans la fenêtre principales de votre « Spectral Cleaning ». Là non plus, vous ne pouvez pas les manquer! Libre à vous de les atténuer, (en pourcentage), de les supprimer, (pas très naturel!) et d’aménager les zones de crossfades entre régions brutes et celles qui sont traitées. Avec un peu d’habitude, vous pouvez les sélectionner visuellement et les vérifier en audio… Si vous vous livrez à cet exercice avec soin, cette technique est irremplaçable car elle ne transforme pas le son, elle atténue des fréquences que vous déterminez dans la proportion que vous souhaitez… difficile de faire plus naturel et efficace! il faut prendre le temps de le faire… voilà tout!

Si vous ne souhaitez pas, (ou ne pouvez pas!), y consacrer autant de temps, vous pouvez construire votre déesseur à partir d’un compresseur qui permet l’insert d’un EQ en side-chain. Le meilleur exemple reste le C1-SC de waves.

1 Détection

Dans un premier temps, après avoir inséré le Waves C1-SC et avoir basculé « l’EQ mode » en split ou sidechain, (sans cela vous ne pourriez avoir accès au circuit d’écoute du circuit filtré de la section Monitor), vous allez balayer la plage de fréquence des 4 / 10KHz en ayant  pris soin de boucler l’audio sur une partie où les « S » se font durement sentir. A ce stade, vous devez localiser le point culminant des « indésirables » qui sont souvent centrées un peu au dessus de 6KHz. Bien sûr, dans les exemples qui sont joints, je suis favorisé par l’affichage spectral qui est propre à Samplitude… Les « S » apparaissent en « grisé » et je ne peux pas les louper! Le facteur « Q » de ce filtre reste accessible mais je vous conseille de rester dans des valeurs minimales sous peine de toucher beaucoup d’autres cibles que celles que vous vous êtes fixées.

2 En sidechain

Dans un deuxième temps vous rebasculerez le monitor sur Audio et pourrez atténuer le volume général sur la base de cette détection. Dans ce cas, je vous conseille une atténuation raisonnable sous peine d’entendre un pompage. L’avantage de ce mode est qu’il reste relativement naturel puisqu’il ne modifie que le niveau sans toucher au contenu fréquentiel.

3 en split

Vous pouvez également basculer en Split et corriger plus durement la seule plage concernée… attention, un traitement trop lourd transforme les « S » en « F » et « f’est vraiment pas fexfy »

Vous pouvez aussi employer un dé-esseur dédié qui « fera la job » fort honnêtement si vous n’en n’abusez pas! Le Waves ou le natif Samplitude ci-dessous sont de simples mais bons outils!

5 Deesseur natif

Reste mon petit préféré du moment: le module DS de Fabfilter. Tout y est: Histogramme avec surlignage des partie de waveformes traitées, encadrement des fréquences sélectionnées, visualisation des intensités, prédétection, Threshold, range et même sur-échantillonnage pour traiter plus finement les aigus… Difficile de le prendre en défaut, celui-là!

 

 

4 Fabfilter

La solution la plus fine réside souvent dans une succession de traitements différents et légers. Un déessing de 2 ou 3 dB suivi d’une automation des niveaux de sifflantes fonctionne discrètement et efficacement dans bien des cas.

Attention, attaquez vous toujours à une piste sans effet! Une piste réverbérée accroche et prolonge les « sibilances » en interdisant leur traitement ponctuel!!

un petit secret? il m’arrive même de ne dé-esser que mon envoi réverbe…. Eh oui!

 

 

Préparation des pistes Part 4 – sifflantes (principes et détection)

Portrait Tete from KR

Nous sommes toujours dans le domaine vocal et après avoir réglé les excès de Plosives, nous devons gérer ses « S » qui n’en finiSSent pas de Siffler dans noS oreilles!

Les sifflantes (sibillances en anglais), sont des défauts exclusifs des voix, (nous le verrons un peu plus tard, les dé-esseurs s’avèrent être des outils bien plus polyvalents qu il n y paraît). Le problème est induit par nombre de techniques actuelles de production, notamment celle du close-miking. Prendre le son en extrême proximité induit des effets de loupe, de grossissement de certains défauts. lorsque un artiste lyrique se tient à 80 cm ou 1m du micro, il n’est pas confronté à ce petit sifflement d’air! A 15 ou 20 cm de distance, sur une voix bien compressée issue d’un statique à large membrane, en revanche… Deux facteurs viennent s’ajouter à cela. Les micros que nous employons sont habituellement recherchés pour leur présence dans le registre aigu et ensuite, ce fameux placement horizontal traditionnel, faisant face à l’artiste, n’arrange pas les choses!

Habituellement ciblés un peu au-dessus de 6KHz, l’excès de « S » se traduit par une véritable dureté et surtout… une fâcheuse tendance à accrocher les réverbes. Les sifflantes constituent donc un problème récurrent et… lorsque vous produisez une voix, il faut obligatoirement vous y attaquer d’une manière ou d’une autre!

Bien entendu, la plus simple manière de régler le problème est de baisser ponctuellement le niveau des plages concernées. Il reste possible de le faire par automation en prenant soigneusement le temps de sélectionner chaque spot et d’y revenir le cas échéant jusqu’à complète satisfaction… Long et fastidieux mais… efficace puisque vous choisirez sur mesure l’enveloppe et l’ampleur de votre atténuation!

160619-Waveform

Grâce aux « Comparisonics Colors » que Sequoia/Samplitude affiche, il devient très facile de localiser des plages de fréquences particulières. Les sifflantes sont repérées à la « vitesse de la lumière »

Qu’est-ce qu’un dé-esseur? Quel est l’outil miracle qui va se charger de cette tâche rebutante à notre place? Dans un premier cas de figure, le dé-esseur est en fait un compresseur disposant d’un EQ en side-chain. Le réglage est spécialisé dans les registres qui nous intéressent. L’avantage du compresseur est qu’il va agir en proportion des intensités rencontrées… Un « S » long et fort sera traité de manière plus radicale qu’un passage plus léger ou moins long.

1er cas de figure: Le dé-esseur large bande.

160619-Deesseur large bande

L’EQ Sidechain du dé-esseur est généralement constituée d’un filtre passe-haut à 4KHz qui rend le compresseur insensible en dessous de cette fréquence. Lorsque le seuil est atteint, le compresseur agit sur la totalité du spectre. On parle d’un dé-esseur en mode side-chain ou absolute.  Bien sûr le ciblage des précis fréquences rencontrées reste possible.

La deuxième famille de déesseur ne traite que la bande détectée. Elle agit un peu comme une portion de compresseur multi-bandes.

160619-Deesseur multibandes

 

Dans ce cas de figure, on peut être un peu plus intrusif qu’en large bande. La limite réside dans le fait qu’un excès de ce traitement transforme les « S » en « F » et pose un affreux cheveu sur la langue de celui qui parle ou chante… Les plug-in de dé-essing proposent souvent les deux modes de traitement. Dans ce cas précis, on évoque alors les modes « split » ou « relative » ou encore « multi-bandes »

Lors de notre prochain rendez-vous, nous recenserons quelques outils réservés à cette tâche!

 

Préparation des pistes Part 3 – La voix et ses plosives!

Portrait Tete from KR

Reprenons l’inventaire de nos petites altérations de pistes. Celles qui nous empêchent d’avoir un beau son clair, profond et transparent…

Intéressons-nous à la voix, tout d’abord: Les « pops » des plosives sont directement issus du flux d’air du vocaliste. Si ce flux est trop important et fait face au micro sans protection, celui ci va coller temporairement la pastille et occasionner une impulsion dans l’infra grave. Dans un statique, même un tant soit peu spécialisé dans la prise de voix, c’est sans appel. La sensibilité et le faible débattement du diaphragme jouent contre vous! Il faut donc impérativement s’en débarrasser!!

Avant toute chose, pour l’éviter s’il en est encore temps et que vous n’avez pas terminé vos prises: Evitez-donc de situer le/la vocaliste directement en face du capteur sans grille anti-pop de protection. Rappelez-vous, le responsable… c’est l’air qui parvient jusqu’au diaphragme. Il ne véhicule aucun son par lui même! Pas de pitié donc! La première solution qui vient à l’esprit: placer un filtre mécanique anti-pop entre le performeur et le micro.

160609-Voix antipop1

Pas cher, on le trouve partout… et je garde un souvenir ému de ceux que nous fabriquions avec des cintres métalliques sur lesquels nous tendions un bas… Eh oui, ils n’ont pas toujours existé, ces filtres tout faits! Si vous n’en n’avez pas sous la main et que l’aventure du bricolage vous tente, je vous invite à consulter ce petit tutoriel audiofanzine… Malin comme tout!

Si comme moi vous préférez ne pas en mettre, que vous souhaitez un son plus direct, vous pouvez opter pour un positionnement de micro original et très efficace:

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Le fait de remonter le capteur conserve la proximité, on profite un peu du grave qu’apporte la conduction osseuse tout en évitant le souffle direct. Oui mais voilà… la nature profonde du chanteur lui fait souvent lever la tête à la recherche du capteur qui valorise sa voix… Et hop, tout est à refaire! Une deuxième petite astuce consiste à placer un micro factice bien en face de lui; eh eh… Avec un peu de zèle, on peut même aller jusqu’à l’équiper d’une grille anti-pop pour rendre notre petit montage plus crédible!

160609-Voix antipop3

Regardez.. le seul vrai micro, le seul qui soit branché… C’est le Neumann du haut! Ce magnifique PL20 ne sert qu’à attirer le regard de l’Artiste, à le faire se concentrer sur le fait « de-ne-pas-envoyer-d’air » dans le mic principal! Pas mal, non? N’oubliez tout de même pas d’appliquer là aussi un coupe bas sur micro (le vrai… celui qui est branché, hein?) et le préampli. À vous de tester le seuil à partir duquel vous commencerez à « attaquer » la voix afin de rester un peu en deça des fondamentales de la star!

Le mal est fait? Vous êtes en train de mixer et les « p » explosent régulièrement dans le bas du spectre? Il faut prendre un moment pour le nettoyage de vos pistes. Il faut brièvement et drastiquement filtrer la piste à l aide d un coupe bas! N’hésitez pas à automatiser le réglage de la fréquence de coupure afin de pouvoir le relâcher lorsqu’il doit rester plus léger. Mais conservez tout de même une coupure constante… Comme dans bien des pistes, l’infra grave n’est ni nécessaire ni même souhaitable. Imaginez les compressions successives qui vont remonter ces niveaux bas, surcharger les processeurs audio… Bref, rien à gagner en dessous de 75Hz, sur une piste vocale!

Notre prochain rendez-vous nous permettra d’aborder les sifflantes et le traitement des respirations!

A très vite!

La préparation des pistes part 2

Portrait Tete from KRLes altérations sonores… et leurs remèdes

Distorsions, saturations souffle et clics sont dans un bateau…

Examinons les défauts purement techniques par ordre de pénibilité (la pénibilité des sons ? Si, si… je vous assure !)… Pôle position : la distorsion… La vraie! Contre elle, difficile de se battre ! Une saturation analogique progressive peut être recyclée. La distorsion numérique franche est laide et rédhibitoire.

Dans certains cas, l’outil de « declipping » d’un Sequoia ou d’une suite de restauration logicielle peut vous sauver la mise. Il interprétera une suite de samples à 0 dB (le seuil de déclenchement et le nombre de samples nécessaires à son action sont souvent réglables) de façon à les remodeler légèrement et créer une micro dynamique qui l’éloignera de la désagréable sensation qui accompagne une suite d’échantillons « au taquet ».

Si certaines altérations sont évidentes, d’autres sont subtiles. Évaluer la très légère ou très brève distorsion d’un son peut s’avérer laborieux. Multipliez les approches d’écoute, de niveau, mono/stéréo/casques. Souvent, curieusement, elle s’appréciera mieux à bas volume. Lorsqu’aucun traitement n’en vient à bout, il arrive que l’on doive remplacer la crête incriminée par un moment identique du morceau. On peut même envisager de saturer légèrement une basse sur sa longueur pour qu’un instant de franche saturation soit mieux perçu.

Dynamique de lecture

Autrefois lié à la dynamique réduite de nos bandes, le souffle « d’addition » est désormais évitable. S’il vous arrive d’en récupérer, le « déhisseur » reste simple d’usage. Sensible au spectre et à la dynamique, bien ajusté, il viendra facilement à bout du problème. Nous reviendrons sur l’utilisation de tels outils lors d’un prochain article ou de vidéos. Nous en profiterons pour aborder également le débruitage et le déparasitage des sons.

Les clicks, quant à eux, sont générés de deux manières : les défauts d’horloge (assez rares car vite repérés puisqu’ ils sont récurrents) ou des jonctions de régions mal gérées. Une compilation de voix faite à la va vite et sans aménagement de crossfades en produit des wagons ! Je le sais… je le vis en permanence en recevant des sessions rapides, effectuées sur des softs qui ne gèrent pas « l’auto-crossfade » et qui nous demandent, à mon assistant et à moi, une inspection minutieuse de toutes les pistes une à une. De votre côté, si vous avez encore accès aux régions séparées, l’idéal reste de revisiter ces assemblages et de les retravailler. Dans le cas contraire, tentez le déclickeur. Les versions récentes de ces outils sont paramétrables, discrètes et efficaces et peuvent vous tirer d’affaire…

To be continued…

 

La disparition d’un « Grand » du son!

Ma peine a été immense, lorsque j’ai appris hier, que Patrice Cramer nous avait quitté à la suite de sa longue maladie. J’ai souhaité marquer un temps d’arrêt dans mes publications pédagogiques et rendre un hommage appuyé à cet extraordinaire ingénieur du son. Il fût pour moi, l’une des rencontres « phares » de ma carrière. Nous nous étions encore rapprochés dernièrement. Ma peine est immense!

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En toute humilité, voici les mots que cette disparition m’a inspiré…

Mon Dieu que je suis triste… Mon Grand Frère est parti! Patrice Cramer a longtemps été mon inspirateur… un modèle à suivre… Quelqu’un qui avait fait du son un métier, « un vrai » avant que cela en soit vraiment un! Nous avions échangé beaucoup, encore récemment sur le moral qu’il fallait absolument conserver dans ce p… de combat que je connais bien… et je suis bien certain que tu n’as jamais failli, mon Patrice! Il a dû t’avoir pendant que t’étais occupé ailleurs. Je me joins à tous les magnifiques témoignages que je vois passer, ceux d’Yves, de Diane et de Stéphane m’ont particulièrement touchés. Je suis d’ailleurs certain qu’ils vont pleuvoir, ces petits mots qui prouvent à quel point tu as compté dans ce paysage sous toutes ses formes… Dans mon parcours de coach, aujourd’hui, lorsque je tente d’expliquer ce que doit être un vrai professionnel du son, ton nom revient bien souvent!! Et très au-delà du pro, je salue l’Homme et ses énormes qualités de fond!! Je t’embrasse de tout mon cœur et j’envoie toutes mes amitiés à ta (nombreuse) famille. Je t’aime fort, moi aussi! Eclaire-nous le chemin, de là où tu es! Et fous-nous un peu le bordel, là-haut… Tu ne devrais pas avoir de problème pour te faire entendre, avec ton caractère bien trempé!!

Bise vieux!

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La préparation des pistes – Part 1

Portrait Tete from KR

Mixer, oui ! Mais une session « brouillon » va t elle pouvoir vous mener à un mix clair et expressif ? Quelles « opérations magiques » de préparation vont nous permettre d’assembler et d’harmoniser tous ces sons ? Nous avons reçu nombre de projets qui auraient dû être directement « mixables » ! Ils auraient dû l’être… oui… mais nous avons souvent dû les reprendre, piste par piste afin de les rendre utilisables ! Vous ne pouvez y couper… Il va falloir éditer, nettoyer et choisir, même! Avant même de vouloir faire sonner, il vous faut des pistes prêtes à être mixer!

Jusque là, nous avions nommé et agencé nos tracks. Elles étaient rassemblées de manière fonctionnelle et vous pensiez pouvoir vous faire une idée précise du morceau et le mixer directement. Aujourd hui, il faut bien le reconnaître, certaines gênes apparaissent à l’écoute. Examinons les choses en détail. La batterie n est pas très en place, la basse est un peu sale et peu définie, les fréquences se chevauchent, la grosse caisse ou le grave du piano « empêchent la basse de sonner et certains éléments donnent le sentiment de saturer rapidement. Les silences ne sont pas propres. Les plosives de la voix sortent de notre équilibre de manière tonitruante, les « s » n en finissent pas de siffler et menacent d accrocher la moindre velléité de reverb Bref, sans savoir l’expliquer véritablement vous percevez le malaise. Les ingrédients ne sont pas prêts à être mélangés, ils doivent être préparés.

Vous ne pouvez l’éviter; il faut reprendre vos pistes une par une et faire un inventaire précis des problèmes rencontrés. Profitez donc de cette écoute minutieuse pour prendre des repères de mix, la structure, les passages « encombrés » ou les manques. N hésitez pas à prendre des notes avant de vous habituer aux défauts du titre que vous allez entendre à de très nombreuses reprises. Rappelez vous : vous n êtes jamais plus proche de l écoute de l auditeur final (et c’est pour lui que vous mixez en priorité, non ?), que lors de votre première écoute ! Par définition, elle ne se reproduira pas ; il faut donc impérativement consigner vos impressions.

Si vous découvrez complètement le titre, sachez décoder l’arrangement. Lors d enregistrements novices, la peur de l’espace sonore, encore un peu vide à ce stade, conduit souvent le musicien à  « en rajouter » afin de meubler. Dans un deuxième temps, lorsque les pistes de complément arrivent, le manque de place se fait infailliblement sentir ! L ensemble étant encombré, il va falloir jouer de la censure en sacrifiant certains passages ou même certains instruments. Lue graphiquement, l occupation du spectre par les divers exécutants peut s avérer utile. Mais quand est ce que ce satané chant de basse à l octave va enfin s arrêter pour laisser la place à l arpège de guitare ?

Figure 1 Spectre - Instruments

Où l’on démontre qu’une simple formation guitare, basse, batterie et voix pose d’ores et déjà des problèmes de répartition du spectre. Ne parlons pas des claviers qui peuvent occuper tout ou partie du spectre… sans limite !

Organiser sa session – part 3 Le contenu

Il va donc vous falloir importer vos régions audio, la méthode la plus efficace est, sans aucun doute, de disposer de projets types (templates) tels que « 44,1 kHz/24 pistes stéreo/2 bus auxiliaires, grille en temps et mesures.

À l’intérieur de l’ordinateur

Vous savez qu’il est important de distinguer le disque système du disque « Data », n’est-ce pas ? Un disque pour l’OS et ses logiciels, un autre pour les fichiers audio… Hyper important ! D’abord les accès seront facilités et plus fluides, ensuite, le disque système ne sera pas fragmenté par les multiples cycles d’écriture et d’effacement. Pensez à désactiver les services Internet, ce sont de gros consommateurs de ressources et… Je ne vous parle même pas de l’antivirus qui accompagne la connexion ! Toute une série de petites bricoles tourne sournoisement derrière votre session et si vous ne prenez garde, elles grignoteront très sérieusement vos performances ! Si vous le pouvez, spécialisez votre machine dans l’audio et ne la raccordez au net que pour mettre à jour ou valider des licences!

Pour ma part, j’ai toujours une collection de « templates » disponibles pour la prise de voix, les mixes purement numériques, les mixes aux sorties dispatchées vers les entrées de ma console analogique, des projets avec 10 ou 60mn de code SMPTE (temporel pour automation), d’autres pour le mastering… bref, à vous de définir la variété de cas rencontrés et d’en déduire le set qui vous sera nécessaire ! Une fois le projet type choisi, il vous restera simplement à ajuster tempo et signature, à positionner votre début de morceau à la 5e ou 9e mesure, (jamais inutile de réserver un espace pour l’essai d’une pré-intro, un décompte ou autre !) et d’enclencher un métronome pour vérifier que tout cela sonne « en place » et « à l’endroit ». Il s’agit d’un cas de figure, vous l’aurez compris! Si vous êtes en train de mixer un trio jazz, nous sommes bien d’accord, le métronome peut retourner dans son placard ! Une indication de tempo, même approximative n’est toutefois jamais superflue… le calage d’un délai ou même d’une reverb s’en trouvent facilités !

Lors de l’importation de vos pistes, votre logiciel vous donne généralement le choix entre une disposition linéaire des régions arrangeur que sur la console virtuelle – vont vous venir en aide et il n’est pas indispensable de faire preuve d’une imagination débordante pour penser à regrouper une batterie, à ne pas trop éloigner percussions, basse et guitares rythmiques afin de disposer d’une section rythmique cohérente et simple à travailler. Si vous le pouvez, regroupez les prises par couples, (piano, over-head de batterie, ambiances ou même synthés), dans des pistes stéréo, les réglages uniques vous simplifieront la vie et l’affichage en sera compacté sans perte de lisibilité. Dans ce même esprit, certains logiciels proposent des dossiers de pistes qui vous permettent de déployer ou regrouper toutes les pistes individuelles d’une section de cuivres, de cordes ou une batterie… Ils les colorisent tous de manière identique et autorisent même parfois des commandes simples et groupées comme le «mute » ou le « solo ».

PTools Bus GroupLes Bus sous groupes permettent même un traitement commun tel qu’une égalisation ou une compression d’ensemble. Atténuation
Ayant ainsi importé vos pistes, en les « sommant » en interne sur une seule sortie stéréo, vous constaterez que… dix ou douze d’entre elles modulant confortablement suffisent à saturer votre master. Que faire ? Baisser ce fameux master ? Non, en raisonnant de la sorte, un projet de 64 pistes stéréo obligerait votre fader principal à évoluer en permanence dans les premiers millimètres de sa course ! Logiquement, il vous faut atténuer les entrées afin d’évoluer dans des marges dynamiques normales. Presque tous les éditeurs audio proposent une atténuation de 6, 12 ou 18 dB des pistes individuelles. Nous parlerons alors d’atténuation ou trim des pistes. Vous voici donc prêts à aborder les équilibres, les traitements, la dynamique de vos pistes… Nous allons nous y intéresser très vite… Musique !

Organiser sa session – part 2

Portrait Tete from KR

Voir plus pour mieux entendre
Ne vous êtes-vous jamais dit que rien ne ressemble plus à une fenêtre de logiciel audio qu’un… score d’orchestre ? Vous savez cette immense partition qui se lit aussi bien verticalement qu’horizontalement et dont le chef d’orchestre a besoin pour se repérer dans l’oeuvre puisqu’elle reprend l’ensemble des instruments dans un déroulement chronologique !
Que penseriez-vous d’une telle partition dans laquelle les lignes mélodiques, les bois par exemple, se trouveraient situées sous les percussions ou les contrebasses ? Les pupitres de cordes disséminés aux quatre points cardinaux et où les repères temporels ne seraient pas clairement établis ? Euh… où est-ce qu’on reprend le refrain, déjà ? Non, la matière que vous allez traiter doit vous apparaître clairement, structurée, et doit être compréhensible sans effort. Si votre écran est petit, il faut qu’en un clic vous soyez à même de déployer ou replier les pistes d’une même famille.
Leur visualisation d’ensemble suffit à vous situer dans le défilement du projet mais vous devez également pouvoir aller chercher les détails d’une mesure de caisse claire si vous en avez besoin ! Pensez donc à enregistrer des niveaux de zoom accessibles afin de « switcher » très rapidement d’une vue d’ensemble à une piste unique, par exemple.
Si vos écrans sont larges et multiples, offrez-vous le luxe de garder votre console virtuelle ouverte alors que l’arrangement défile bien sagement sur une autre page. Encore mieux, si quelques plug-ins majeurs restent visibles vous pourrez les ajuster à tout moment… Les réglages d’une reverb principale seront ainsi optimisés facilement alors que le mix progresse. Si l’ensemble des logiciels audio ont aujourd’hui beaucoup progressé, tous ne se valent pas en termes de visibilité et d’ergonomie. En revanche, si votre choix s’est porté depuis un certain temps sur l’un d’entre eux, vous vous serez probablement familiarisé avec ses qualités et ses défauts. Vous les aurez peut-être reconnus sur les écrans des vidéos associées à cet article, Samplitude et son grand frère Sequoia sont les logiciels que j’utilise habituellement. Nous reviendrons sur les nombreuses qualités de ces audio-sequencers méconnus en France mais je peux déjà vous dire qu’en termes d’affichage entre autres, ils sont incroyablement novateurs.

Le fait de pouvoir afficher une piste stéréo (figure 1) sous forme d’une somme graphique – comme une piste mono – vous fait gagner… deux fois plus de place (figure 2).

Fig 1  Affichage traditionnel Stéréo complète

fig1 Fig 1 Affichage traditionnel Stéréo complète

fig 2  Formes d’onde en somme graphique mono. 2 fois plus d’informations!

fig 2 Formes d’onde en somme mono. 2 fois plus d’informations

Le fait de ne visualiser que la partie haute de la courbe presque symétrique… encore deux fois plus ! (figure 3)

fig 3  Demi-formes d’ondes et somme mono. 4 fois plus de densité d’affichage!

Fig 3 Demi-formes d’ondes et somme mono. 4 fois plus de densité d’affichage

Vous voici donc, à résolution égale avec… quatre fois plus d’informations graphiques que dans un affichage traditionnel.

Ajoutez à cela l’indication spectrale que donnent les « comparisonic colors » (figure 4) – segments de durée variable qui fournissent une indication sur le contenu spectral d’un son, plus c’est sombre, plus c’est grave et inversement… – et vous voilà capables de « dérusher » les applaudissements d’un enregistrement live de deux heures en 3 minutes… inégalable et addictif!

Fig 4 Comparisonic Colors

Fig 4 Comparisonic Colors
Pour ceux qui ne « s’y feraient pas », sur la version actuelle, la 13e du nom, on peut basculer, d’une simple touche, entre quatre modes d’affichages entièrement paramétrables !

Lors de notre prochain rendez-vous, nous parlerons du contenu du projet lui-même…