Maitrise de l’égalisation Part 5 – Etendue spectrale – La batterie

L’EQ: Des recettes et quelques règles…

Voyons quelques lignes directrices qui s’appliquent à des cas particuliers … Essayons de regrouper les familles de sons et d’instruments et d’en tirer quelques règles d’égalisation, même s’il est impossible de généraliser. (Donc, rien n’est à prendre « à la lettre », il s’agit plutôt d’une philosophie, d’une approche globale, OK?)

Ce qu’il faut bien assimiler, c’est le rapport fréquences/notes…

ainsi que l’étendue spectrale des instruments

La batterie, tout d’abord!

Si je commence par la grosse caisse, son spectre sera principalement contenu dans une plage qui s’étend de 40 Hz à 3 kHz, ses harmoniques vont atteindre 6 à 8KHz et ses points sensibles seront 50/60 Hz pour le côté organique et 80 Hz pour le grave d’impact. Je ne parle que d’une grosse caisse non résonante, pas d’une grosse caisse de jazz à double peau! Il est important de rester vigilant aux environs de 125/160 Hz. Trop présentes, ces fréquences peuvent faire « tourner » un peu le grave de l’ensemble! L’attaque sera favorisée vers 2 à 3 kHz. Si vous allez chercher un peu l’extrême grave, n’oubliez pas d’enclencher un coupe‐ bas aux environs de 20 Hz. Il arrive que je préfère détuner la grosse caisse que de lui rajouter ou enlever du grave. L’instrument s’accorde, ne l’oublions pas… il est important de trouver sa fondamentale optimum et… ce n’est pas toujours fait à la prise.

La caisse claire elle, s’étend de 90 à 5 000 Hz, les harmoniques peuvent atteindre 10 kHz. Le grave se situe vers 200 Hz, le médium entre 1 et
3 kHz. En cas de micro unique, le timbre peut être soutenu par un léger shelf à partir de cette fréquence (attention à ne pas trop déformer les cymbales et charleston captés par ce micro). Le coupe-bas (ou le passe-haut, c’est la même chose!) sera utile vers 50/80 Hz. Le micro de dessous, lorsqu’il existe, ramène de la durée par la vibration du timbre. Si c’est de l’aigu de frappe que vous souhaitez… ce n’est pas sur ce capteur qu’il faut le chercher! Par ailleurs, soyez vigilant sur la comparaison de phase entre deux micros destinés à une source identique… surtout pour un « dessus-dessous »

Attention, lorsqu’on capte un son au dessus et en dessous d’un fût, il ne faut pas oublier d’être attentif à la phase. Si les micros sont câblés de la même manière et qu’aucun intermédiaire ne vient modifier cet état, les micros seront mécaniquement hors phase. (Eh oui, les micros capteront les mouvements inverses des peaux !!) Vous risquez fort d’y perdre du grave et d’obtenir un son peu naturel. N’hésitez pas à tester la phase d’un des deux capteurs… La position vous donnant le plus de grave lorsque vous sommez les 2 micros à gain égal est la bonne!Attention, lorsqu’on capte un son au dessus et en dessous d’un fût, il ne faut pas oublier d’être attentif à la phase. Si les micros sont câblés de la même manière et qu’aucun intermédiaire ne vient modifier cet état, les micros seront mécaniquement hors phase. (Eh oui, les micros capteront les mouvements inverses des peaux !!) Vous risquez fort d’y perdre du grave et d’obtenir un son peu naturel. N’hésitez pas à tester la phase d’un des deux capteurs… La position vous donnant le plus de grave lorsque vous sommez les 2 micros à gain égal est la bonne!

 

Les toms s’échelonnent de 60 Hz à 4 kHz, leurs harmoniques, une octave plus haut : 8 kHz. Sur un tom basse, des graves « de charpente » peuvent être présents vers 80 Hz, sur les autres toms, plutôt entre 100 et 200 Hz, attention au bas‐medium vers 500 Hz, l’attaque vers 2 à 3 kHz et la brillance aux environs de 4 à 5 kHz. Bien appliquer un coupe bas vers 60 ou 80 Hz et ne pas trop reprendre d’aigu de cymbales dans vos toms, surtout si vous souhaitez les faire briller un peu!

Les cymbales, sauf grosse chinoise ou tam‐tam (c’est le vrai nom de ce que beaucoup appellent injustement le gong!), elles ne descendront pas en dessous de 200 Hz. Le propre des cymbales est de générer des harmoniques élevées qui couvrent le spectre entier. Coupe‐bas vers 200 Hz.

Nous continuons très vite avec la basse!!

 

 

La musique au service de la poésie arabe contemporaine chez Abbey Road Institute Paris / Omega

Erick Auguste m’initiait, il y a peu de temps, à la magie et l’élégance des mots de Mahmoud Darwich et de Badr Châker AS-SAYYÂB. Erick avait décidé de mettre en lumière ces deux poètes arabes contemporains à travers son projet « Paroles Passagères ». Il s’est donc entouré de trois musiciens qui composent et « performent » des climats sur mesure pour ces textes puissants.

Les élèves de la promotion la plus avancée d’Abbey Road Institute Paris et moi, avons eu le plaisir d’enregistrer quelques uns de ces textes, la semaine dernière.

Des micros d’exception….

Pour une voix d’exception….

Un vrai « gros miking » de batterie comme nous aimions les faire dans ces grandes pièces qui sonnent!

Des musiciens concentrés

Et une écoute attentive du résultat!

Séance de cordes chez Abbey Road Institute Paris / Omega

Quel bonheur de refaire une petite séance de cordes avec mes amis, Lundi dernier au studio de Suresnes.

Lundi dernier, le 6 mars, j’initiais nos étudiants les plus avancés à une session de cordes dans le studio A. Bien sûr, ce fût l’occasion pour moi de retrouver mes vieux complices, Christophe GUIOT (Violon) et Jean-Philippe AUDIN (Violoncelle), mais aussi de découvrir David NAULIN (Violon) et Jean-Michel LENERT (alto). Un section de choc, que ce quatuor qui s’est livré avec gentillesse et compétence au jeu de la pédagogie!! Elles me manquent ces séances d’ensemble autrefois si nombreuses!!

J’ai pu démontrer le naturel de l’arbre Decca à nos étudiants.

Bien sûr… rigueur et mesures étaient au rendez-vous pour placer correctement le Decca-Tree!!

Mais il sonne ce plateau!!

 

Maitrise de l’égalisation Part 4 – L’Eq artistique Suite…

Puisque nous abordons les plages et donc les registres, vous avez sans doute remarqué que les appellations qui en parlent sont souvent imagées? Vous entendez parler de brillance, de présence, de chaleur ou de corps. Le timbre d’un instrument est complexe, il n’est pas statique puisqu’il varie avec les tonalités et surtout, il diffère d’un cas à l’autre. Ainsi, pour reprendre ce terme, le « corps » d’un son de guitare électrique ne se situera pas tout à fait au même endroit du spectre que celui d’une basse 5 cordes, si vous voyez ce que je veux dire… Cependant il décrit la même fonction (en l’occurrence, l’assise grave du son), et reste transposable et compréhensible quel que soit l’instrument envisagé.

Grace à l’égaliseur graphique 31 bandes, ou tiers d’octave: récapitulons les points clé du spectre audible… Je conseille régulièrement à mes étudiants de mémoriser les points clé des fréquences répertoriées sur cet outil. Même si le 1/3 d’octave est devenu un peu large pour répondre à tous les besoins (calculez vous mêmes… chaque tirette agit sur une tierce majeure; c’est beaucoup!) chaque fréquence reste un repère très concret pour tout professionnel du son!

En dessous de 60 Hz, nous sommes dans l’extrême grave, les basses organiques. Elles sont fortement ressenties par les conducteurs solidiens de notre corps : viscères, ossature, etc. Certains sons de synthétiseurs, la grosse caisse et la basse atteignent ce registre qui ne peut être reproduit par toutes les installations (caissons de grave séparés indispensables ou grandes écoutes de studio). En dehors des effets spéciaux de cinéma, les « sub‐ bass » doivent rester discrètes, agir en renfort et, lorsqu’on mixe, il faut toujours faire l’hypothèse d’une écoute fréquemment coupée à 60 Hz.

De 60 à 100 Hz : voici les basses standard d’une installation de bonne qualité. Par opposition au grave de matière (60 Hz), notons le point « grave d’impact ou d’énergie », (vers 80 Hz), que les ingénieurs de mastering connaissent bien, ainsi que celui de chaleur vers 100 Hz.

De 100 à 200Hz: le«haut grave» est délicat. De nombreux instruments restent flous dans cette région et, sans enlever de corps ou de chaleur au son, il reste primordial de bien contrôler ces fréquences.

De 200 à 500 Hz : l’amorce du bas‐ médium (dangereuse et inesthétique lorsqu’elle est très localisée, belle et chaleureuse lorsqu’on valorise discrètement le registre entier). Si les voix et les registres mélodiques sont un peu encombrés, il peut être intéressant de couper un peu dans cette zone pour éclaircir.

500‐1500 Hz : voici le domaine des voix, des guitares et de la caisse claire. L’excès se traduira par un son nasillard (n’oublions pas que 1 kHz est la fréquence du « son téléphone » !).

1500‐3500 Hz : le haut‐médium abrite le registre principal de la voix. Il pourra être valorisé pour plus de clarté. D’une manière générale, ce segment apporte du mordant et de la force s’il est équilibré avec l’aspect moelleux et confortable des registres plus graves.

3500‐10000 Hz: l’aigu, la brillance! La qualité du correcteur est ici prépondérante. Alors qu’un plug‐in de base amènera de l’agressivité, un Avalon 2055 apportera de l’air et restera doux. Un peu comme l’aigu d’un micro à ruban ! On notera l’importance du choix de la fréquence d’échantillonnage élevée qui favorise une pondération douce, bien préférable à la coupure nette d’un 44,1 kHz. Les percussions métalliques, les cymbales, l’aigu d’une guitare folk ou d’un piano se situent dans ce spectre.

10000‐20000 Hz : dernière plage audible de l’aigu qui donne au son de la brillance et de l’air. Une correction apportera un effet intéressant, mais attention aux enregistrements bruyants ou qui soufflent, ces défauts devenant alors beaucoup moins discrets.

Nous parlerons bientôt de l’étendue du spectre de certains instruments… A très vite!