Maitrise de l’égalisation part 9 – la guitare électrique

La guitare électrique constitue à elle seule un cas particulier dans l’univers de la prise de son. Sa lointaine parenté avec l’instrument acoustique ne nous est pas ici d’un grand secours : si la qualité de lutherie reste déterminante, bien d’autres facteurs entrent désormais en ligne de compte puisqu’il s’agit d’enregistrer un signal amplifié !

A la prise

En mode réamping

Par précaution je prends désormais toujours le signal DI de la guitare brute. Je ne suis pas certain qu’il me serve mais à l’inverse, il peut me sauver la vie en cas de problème! Si vous optez pour cette solution de reconstruction du son, attention toutefois à ne pas trop vous éloigner de la nature de l’original ! Le guitariste aura joué en s’appuyant sur sa sonorité du moment; l’ampli, les réverbes ou le delai lui auront donné une enveloppe et des longueurs de notes avec lesquelles il aura interagit. Dans ce cas de figure, même si vous ne l’intégrez pas au mix, l’audio traité vous servira au minimum de référence.

La voie royale : Il s’agit de la prise de son de l’ampli. Evidemment, vous vous en doutiez… elle seule permet de capturer une énergie live authentique! Rien ne vaut une vraie prise de son acoustique d’ampli bien réalisée. Elle peut même abriter des secrets de fabrication et s’avérer unique car impossible à reproduire!

Vous serez d’accord avec moi : le son de Brian May est reconnaissable entre tous ! En fait, le guitariste de Queen utilise un procédé très original. Visionnez les vidéos dans lesquelles il apparaît et regardez les clichés des gros plans de sa guitare. Vous observerez tout d’abord que ce n’est pas le jack de Monsieur « Tout-le-monde » qui en sort mais… un connecteur assez imposant et large. Observez le deuxième plan, maintenant. Ce n’est pas un ou deux Vox AC-30 qui se chargent de l’amplifier mais plutôt 6 ou plus souvent, douze ! La raison en est simple. Les micros de sa guitare sont indépendants et câblés individuellement. Le son de chaque corde est envoyé à un ou deux amplis. Ainsi, il peut recourir à une distorsion musclée et garder un son « filé » et super propre puisque les notes considérablement enrichies en harmoniques n’interfèrent pas les unes par rapport aux autres ! Il est ainsi le seul à pouvoir plaquer des accords pleins très saturés avec un tel rendu… Malin, non ? Et surtout terriblement efficace !

Au mixage,

Les guitares très saturées ont tendance à se linéariser et, pour les percevoir plusieurs procédés peuvent être utilisés. Si les EQ se sont montrées discrètes durant la prise, elles doivent vous aider à cerner efficacement le spectre utile durant le mix. Nos guitares ont vite tendance à vouloir occuper tout le spectre et s’il y a un instrument pour lequel il est intéressant de le façonner, c’est bien celui-ci. Comme souvent en mix, il faut penser cohabitation. En dehors des apports de couleurs qui viendront renforcer une intention de départ, l’égalisation nous permettra de discipliner des fréquences qui concurrencent les autres parties de l’arrangement.

La tentation peut être grande de penser que tout a été fait, en matière de son de guitare. Il reste pourtant beaucoup à inventer mais l’essentiel, lorsqu’on veut valoriser cet instrument, est souvent de s’attacher à retranscrire l’énergie du jeu, celle qui a été « performée » par le guitariste !

L’égalisation – part 2 Les grandes familles d’EQ

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Avant de continuer notre parcours dans le domaine de l’égalisation, je profite de ce petit post pour vous souhaiter à toutes et à tous une très belle année 2017. Une nouvelle année avec bien sûr, en toute première place du bonheur et de la santé… mais aussi du beau son! Du son pas trop maltraité par les formats de stockage prévus pour le web d’il y a 20 ans, pas trop rudoyé par les traitements d’antenne des radios qui se prennent pour les grands « Sound Designers » qu’ils ne seront jamais, (chacun son métier!) pas trop « sur-quantizé » ou « sur-tuné » par des « créateurs » qui prennent les plugs pour des instruments de musique! Bref, du vibrant, du beau, du vrai… de l’artistique, quoi!

Je vous souhaite donc un peu de douceur, dans ce monde de brutes!!! Très bonne année 2017!!

Portrait Tete from KR

Reprenons le fil de notre petit historique: Alors que les tables de mixage affichaient encore des outils tout de même un peu sommaires, (souvent des semi-paramétriques « fréquence-gain » à pentes fixes et des fréquences extrêmes en « shelf » à 2 ou 3 positions), des égaliseurs externes dédiés restaient « patchables » à la demande. Autre souvenir ému que celui des filtres paramétriques PULTEC, UREI ou ORBAN qui valaient « un bras » et que nous devions utiliser avec une extrême parcimonie puisque ces joyaux étaient bien peu nombreux !

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Cet assemblage de Pultec (EQP-1A et EQP-2) est souvent cité comme référence d’EQ à très forte valeur ajoutée. L’ergonomie de ces EQ qui proposaient un réglage boost et un réglage cut pour une même fréquence, Cela déroute plus d’un ingénieur du son aujourd’hui. L’insérer dans une chaine audio analogique, même avec une correction minime, apporte chaleur et douceur au son… N’essayez même pas de faire un notch avec cette machine, elle n’est pas faite pour cela !

Parallèlement, plus fréquents en sonorisation qu’en studio, venaient ensuite les égaliseurs graphiques, d’abord à 10 et 15 bandes, (octave ou demie octave), ils sont vite passés au tiers d’octave soit 27 ou 31 bandes suivant les modèles et étaient souvent utilisés conjointement avec les analyseurs de spectre aux mêmes standards, (autres machines terriblement dispendieuses !), afin de « caler » les systèmes de reproduction, (monitoring de studio ou sonorisation). Bien que désormais un peu dépassés, (le 1/3 d’octave propose tout de même un peu plus d’une tièrce majeure par « tirette » … c’est large !), il offre une vue d’ensemble du spectre utile qui reste très ergonomique pour ajuster une chaine de reproduction et très pédagogique dans son approche! Il n’était d’ailleurs pas rare que les gros studios en proposent quelques canaux en rack de traitement externe, même en studio.

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Le grand avantage de ceux qui ont beaucoup utilisé le 1/3 d’octave est d’avoir mémorisé des points charnières qui jalonnent le spectre audio. Les registres ainsi délimités sont un peu plus clairs et précis pour les pionniers que nous sommes!

Pour être complet dans notre rétrospective, il faut mentionner les quelques rares EQ dynamiques analogiques qui ont vu le jour. Le DPR901 BSS, par exemple, était un compresseur/expandeur à 4 bandes réglables avec seuil, intensité, temps d’attaque et de release… bref, véritable couteau suisse, cette machine permettait à la fois « déesser », d’enlever les « pops », renforcer le corps d’une voix tout en la précisant ! Magique mais, il faut bien le reconnaitre, une usine à gaz qui « bousculait » sérieusement les sons qu’elle traitait ! Si je l’ai beaucoup utilisé en live où le DPR m’a plus d’une fois « sauvé la vie », je l’ai souvent « bypassé » en studio, après l’avoir réglé soigneusement durant d’interminables minutes puis… comparé au son original !

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A très vite…

Préparation de pistes Part 11 – Tuning

Portrait Tete from KR

Le pitch

Après avoir tout fait pour que vos pistes sonnent, soient en place, qu’elles soient débarrassées de l’infra-grave inutile, des respirations bruyantes, des plosives et autres sifflantes, il n’est pas question de laisser passer des voix vraiment fausses.

Si, bien heureusement, la période du « tout Autotune » et de la quantification à la croche est révolue, il en subsiste une certaine exigence. C’est un peu ce qui c’est produit lorsque les « boites à rythmes » ont envahi le paysage rythmique de la fin des années 80!. Bien sûr les limites de la programmation ont été assez vite atteintes et heureusement, les batteurs sont revenus en force dans de nombreux genres musicaux mais… ils devaient être beaucoup plus rigoureux car les habitudes du public étaient prises et la mise en place approximative se remarquait trop!

Il en va de même pour la justesse. Si certains interprètes que je ne nommerai pas, avec qui j’ai collaboré, pourraient parfaitement se passer du tuning artificiel, d’autres ont intérêt à s’appuyer sur les techniques modernes de retuning pour « rester dans les clous ».

Les plug-in ténors du genre ont fait de gros progrès et il est parfois tentant d’utiliser un Autotune 8 ou un Melodyne de manière appuyée. Pour ma part, je préfère largement passer du temps à tuner « à la main » une voix qui a besoin d’une petite correction manuelle de temps à autres! J’ai la chance d’utiliser majoritairement un soft qui le permet, Samplitude à travers sa fonction elastic audio permet de retuner sur mesure et avec précision à la manière d’un Melodyne,

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Sachez, là encore, distinguer l interprétation du défaut. Aujourd’hui de nombreux outils intégrés ou non à votre « audio séquenceur », vont favoriser la micro correction tonale. À vous de fixer le seuil de votre exigence sans dénaturer l’intention originale de l’artiste ! C’est facile d’aller trop loin!

Vous l’avez vu tout au long de ces articles à propos de la préparation des pistes audio, le parallèle avec la gastronomie s’impose souvent. Imaginez vous aux fourneaux, vous vous apprêtez à cuisiner sans avoir lavé, émincé et épluché les légumes, ou fait revenir la viande?

L’ensemble des opérations que nous venons de décrire vont se traduire par un gain de confort : vous pourrez vous focaliser sur l’artistique, la mise en valeur des éléments musicaux. Je vous conseille de ne pas envisager les opérations dans la même séance, car les types d énergie requis sont très différents.

Croyez moi, ce n est pas un hasard si nombre de musiciens ou de producteurs sont également de fins gourmets et souvent de bons cuisiniers !

Préparation de pistes Part 10 – MIDI et mise en place

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Les problèmes liés au MIDI, tout d’abord…

Epoque de virtualisation oblige, imaginons qu’à ce stade, votre projet contienne encore des pistes de VSTi, Avant de mixer, je vous conseille de les convertir en audio. Elle seront homogènes avec les autres éléments à mixer, elles résisteront à votre changement de setup et pourront être lues ailleurs que sur votre installation. Mais avant cela, il faudra vérifier les derniers détails! Que les notes ne se chevauchent pas dans les lignes monophoniques et que les vélocités et autre contrôleurs soient bien réglés, par exemple! Utilisez la fonction freeze, si votre logiciel le permet, elle vous permettra de revenir facilement sur un paramètre MIDI oublié ! N’hésitez pas à tenir un petit fichier de notes et des copies d’écran sur votre projet. Le module utilisé, le nom du preset, les modifs apportées… Un peu fastidieux sur l’instant mais tellement utile en cas de retour en arrière

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La Mise en place Évoquons quelques défauts artistiques, maintenant : votre batteur n’est pas un « beat box », bien sûr ! Il faut tout de même se fixer des limites: Il est quasi impossible de bien mixer une rythmique qui n’est pas calée et un «basse batterie» garantit les bonnes fondations d’un morceau dans de nombreux genres musicaux. Un « slap » de basse «à côté» est pire que «pas de note du tout», soyez en certain! Repérez vous, bien sûr, à la grille de tempo si un métronome a été utilisé à la prise et, dans le cas contraire, identifiez un instrument étalon en la matière, de façon à rapprocher les «petits égarés» du groove de base ! La justesse de votre diagnostique est importante car si vous partez « à l’envers » en vous basant sur la mauvaise référence, c’est perdu d’avance! Le résultat sera catastrophique Quelquefois, de petits aménagements sur plusieurs pistes sont préférables à de grosses modifications « à la serpe ». Attention à vos crossfades, lorsque vous décalez un ou plusieurs éléments. Les clics que des jonctions rapides peuvent générer ne sont pas toujours audibles mais ils polluent sérieusement le résultat. Une seule solution, l’écoute soigneuse en solo sauf si, comme Samplitude, votre logiciel propose le « crossfade automatique »!

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A savoir: un musicien qui se décale… compense automatiquement. Résultat des courses: si un passage presse, il est très probable que le suivant soit « très au fond », voire pire! C’est notre fonctionnement, nous sommes faits comme ça!

 

 

Préparation de pistes Part 9 – La diaphonie et les ensembles

Reprenons notre interminable liste de petits problèmes à solutionner… avant de mixer, bien sûr! Aujourd’hui, voyons la diaphonie acoustique ou « repisse » (moche comme nom, vous ne trouvez pas ?) Il s agit de la quantité de son qui arrive au micro sans lui être destinée ! Un enregistrement de batterie est, par définition, envahi de «repisse» et il faut faire le son d’un élément en tenant compte d’autres capteurs qui reçoivent une quantité non négligeable de cet élément ! Un enregistrement classique est un gigantesque empilage de micros qui « repissent » les uns dans les autres. Faute de pouvoir l’éviter, il faut s’assurer de compatibilité et de la relative mise en phase des capteurs afin qu’ils ne se « contredisent pas » . Nous reviendrons plus longuement sur cette notion qui ne peut se survoler en quelques lignes mais grossièrement, deux facteurs sont à prendre en compte. La distance qui sépare deux micros captant la même source, (cela se traduit en « temps »)  et l’affaiblissement de la source parasite qui lui aussi, est conditionné par la distance mais aussi par la directivité, la nature ou la sensibilité des capteurs eux-mêmes!

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Dans cet exemple de « miking » d’une Batterie, il est facile de comprendre que le son du tom basse va « arriver » à des instants divers et variés aux différents capteurs. Si le micro de HH, (en T5) est le plus éloigné – et donc également le plus « retardé » -, il recevra également le son le plus atténué. La diaphonie sera négligeable, dans ce cas!

decalage-mics-grosse-caisseLes deux micros de grosse caisse (In et Out), vont ainsi capter la matière à deux moments différents. Dans ce cas, soit on décide de faire un son de la somme de ces deux signaux et il faut « faire avec » leurs décalages de phase, soit on les spécialise un peu chacun d’entre eux dans le spectre afin d’éviter les juxtaposition hasardeuses, soit encore… 

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On les recale: on les remet en phase… A essayer, en tout cas! Vous observerez qu’en jouant sur le paramètre temps de l’une des pistes, vous obtenez toutes sortes de couleurs sonores. 

Pour finir avec ce cas compliqué que constitue la batterie, au mixage, seul le suivi et le découpage de certaines pistes sont réellement efficaces. Travail de fourmi! Je garde un souvenir ému des toms que nous traitions avec noise gates et expanders dans les années 80, (surtout avec les outils de l’époque!) Le remède était pire que le mal! Il faut en fait s’efforcer de faire le son des éléments d’une batterie, tous capteurs ouverts… Faire en sorte que les micros servent « d’ambiances » les uns aux autres pour ensuite effectuer ce fameux et indispensable suivi!

L’autre réel moyen de parer à ce genre de difficultés à la prise est d’utiliser des capteurs d’ensemble tels que des couples ou arbres et se fixer une limite de niveaux possibles pour les éventuels appoints, (20 ou 15 dB en dessous du couple principal représentent en général une bonne moyenne). Dans le cas d’une batterie jazz, par exemple, je m’efforcerai de la capter avec un couple ORTF et un micro de grosse caisse! Le couple aura le mérite de situer parfaitement l’instrument dans le champs stéréo et les appoints ainsi contrôlés ne déstabiliseront pas l’image.

Bien sûr, si on parle d’un orchestre, un ensemble de paravents, l’isolation dans des cabines séparées minimiseront ce phénomène L’arme absolue ? L’enregistrement individuel : difficile de demander à un batteur de jouer ses éléments l’uns après les autres et… encore plus difficile à appliquer dans le cas d un orchestre symphonique !

Dans les ensembles également, moins il y a de micros, mieux ça sonne!

L’acoustique du studio de Remi Hiblot à Laon

J’ai souhaité faire une petite pause dans mes articles pédagogiques afin de vous parler d’une réalisation acoustique que je viens de terminer pour le studio d’un ami, en Picardie!

Fin 2015, Rémi Hiblot, très bon batteur et musicien, me demandait de m’intéresser à l’acoustique du sous-sol de sa maison; il souhaitait en faire son studio. Un peu plus qu’une installation domestique!… Plutôt plus près du « project studio » pouvant accueillir des projets sérieux et ambitieux. Les deniers étaient comptés et l’endroit possédait une isolation acoustique assez faible et une configuration difficile.

1ère visite du lieu Brut en Novembre 2015 avec mesures et études modales à la clé!!

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Rémi avait suivi une formation de mixage chez moi et nous avions vraiment sympathisé. Il m’avait confié quelques masterings dans l’intervalle et je pouvais prolonger un peu les moments de transmission. Plusieurs de ses mixes présentaient des qualités évidentes mais aussi… quelques défauts récurrents. Il travaillait en nomade dans des lieux très différents aux acoustiques variables et peu maitrisées. Ce poste de design acoustique était donc primordial pour lui! Il a fallu commencer en isolant les ouvertures de plafond qui donnaient sur la rue, se battre contre une humidité récurrente et toutes sortes de douceurs!

Encore une fois, l’enveloppe budgétaire était plus que serrée, mais Rémi est un bon bricoleur et il est bien entouré! J’ai donc décidé d’effectuer les mesures, de faire l’étude, de lui livrer les plans et de le laisser travailler en le pilotant à distance. C’est la toute première fois que je ne contrôle pas un chantier acoustique en cours de réalisation. Bien sûr, je recevais de temps à autres quelques photos, une demande de précision sur un de mes plans…

Hier, 21 septembre, nous avions rendez-vous pour venir refaire les mesures du lieu acoustiquement bouclé et pour régler l’égalisation. Rémi a très bien travaillé! Son lieu respire la santé sonore. J’ai diffusé toute une série de signaux de calages, de plages sonores à travers mon système HD sur Audirvana et un DAC portable. Du coup, j’ai même complètement redécouvert les petites Genelec 1030 (que pour ma part, j’ai toujours préféré aux 1031 pourtant beaucoup plus répandues). Quelle récompense, lorsqu’une pièce qui présente de réelles difficultés de base, comme celle-ci, se transforme en un lieu d’écoute privilégié! Le sweet spot est très étendu et permet d’accueillir au moins trois auditeurs dans de bonnes conditions. La réverbération du lieu est mesurée et homogène et la dispersion est exemplaire!! ça, c’est top!

Panoramique à l’entrée de la caverne!

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Rémi se sert de la partie « entrante » de son lieu comme plateau de prise. L’alternance de pierre, de surfaces réfléchissantes, de diffuseurs et de gros bass traps, permet de créer de mini-volumes aux identités variables. La batterie du maitre les lieux sonne comme jamais. Prêt pour accueillir de beaux albums.

Cabine intégrée

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Voilà, je suis content pour mon ami, plutôt fier de ma réalisation et… après avoir terminé la réalisation d’une quatrième cabine en cours, (je vous en perlerai bientôt!), je pense à me fabriquer ma propre acoustique!! L’histoire des cordonniers qui sont toujours le plus mal chaussés, quoi!!

Préparation de pistes Part 8 – fichiers dégradés

On ne choisit pas toujours les fichiers que l’on traite et, avant qu’ils n’arrivent chez vous, ces « audio files » ont quelquefois un parcours chaotique et « secret ». Et la traçabilité de l’audio, alors?

Fichiers dégradés

Même s ils ont été reconvertis dans votre format de session, il arrive que des sons issus de MP3 ou ayant été maladroitement « strechés » ou « pitchés » se nichent au milieu des sources plus nobles. Ils sont repérables lorsqu’on en analyse l’empreinte spectrale. Souvent coupé dans l’extrême aigu, le son ne « sonne » pas naturel. Pas grand chose à faire, si ce n est d’en connaître l’existence et la position dans le mix. Faute de pouvoir le remplacer par un original, il faut essayer de l’intégrer dans un contexte qui complète son spectre ou le traiter résolument Lo Fi afin d’en accentuer l’effet Le mal par le mal, en fait !

L’ajout de matière à travers du gros analogique peut quelquefois vous aider. Attention… pas question de prétendre redonner au son sa qualité première mais il m’arrive, par exemple, de créer des « multi-bandes » analogiques avec 3 voies de mon Euphonix ou de la grosse SSL d’Oméga/Abbey Road. Je fabrique un crossover avec les passe-bandes et mes EQ, je vais même parfois jusqu’à utiliser quelques outils dynamiques et… je bénéficie de la sommation de ces grosses consoles… et de quelques uns de mes outboards favoris! Assez bluffant sur certaines sources, même s’il faut passer du temps à ajuster les paramètres pour ne pas trop transformer l’identité sonore de départ! Encore une fois, il s’agit d’une astuce pour redonner un peu de vie à un signal trop compressé dynamiquement ou abîmé par des manipulations et conversions successives… pas d’une restauration!

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Préparation de pistes Part 7 – Niveaux et infra-grave

Portrait Tete from KR

Et voilà… la trêve estivale se termine doucement pour les uns et… plus brutalement pour les autres! En pleine écriture d’un dossier complet à venir sur le mixage, (à paraître dans KR Magazine dans les prochaines semaines), je prends quelques minutes pour vous proposer le 7ème volet sur notre préparation de pistes. Aujourd’hui, l’infra grave et la mise à niveau!

Couper le bas?

Cela reste vrai pour nombre de prises, tant acoustiques que synthétiques. Les très basses fréquences, en dessous de 25 ou 30 Hz sont inutiles et accaparent beaucoup d énergie en sollicitant les processeurs de dynamique. Il peut s avérer utile de garder un affichage spectral de votre mix bien en vue vous détecterez vite la moindre anomalie de niveau dans ce registre ! N’hésitez donc pas à appliquer des « passe haut » successifs qui seront beaucoup plus musicaux et transparents qu’un seul gros traitement, très intrusif. Le tout premier filtrage de ce type est souvent envisagé sur le micro lui-même

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Sur les micros haut de gamme, les fréquences proposées sont multiples et il est possible d’éliminer les indésirables sans toucher au son lui même.

Mise à niveau

Impossible d’opérer de beaux suivis si vous êtes envahi de sautes de niveaux entre vos régions. Là encore, un composite rapide peut cacher des écarts importants. Veillez à l homogénéité d’un même instrument ou d’une voix avant de vous attaquer à son ajustement de niveau dans le mix, vous gagnerez un temps précieux!

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To be continued…

Bonne rentrée à tous et toutes!

 

Préparation de pistes part 6 – les respirations

Portrait Tete from KR

L’air, le debreathing

L’air… c’est la vie, dit-on! Oui mais trop de respirations bruyantes dans une piste voix souvent destinée à être compressée, c’est toxique! Compressée, elle le sera au stade de la voix, du mix et du mastering!… Et comme elle domine l’équilibre logique d’un titre vocal, c’est elle qui recevra le process le plus lourd! Donc… premier conseil, soyez vigilant sur « ce qu’il doit rester » des respirations.

Il est très important de gérer leurs niveaux et leurs couleurs. Surestimées et un peu « épaisses », elles deviendront vite encombrantes avec les étages successifs de compression et à l’inverse, lorsqu’elles sont absentes ou franchement sous dosées, la voix perd en naturel. Bien sûr, quelques plug-in bien pensés peuvent vous faciliter la tâche.

le Debreather de Waves.

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Cet outil étonnant est très performant. Un peu à l’image d’un « super noise gate » il possède un seuil de déclenchement pour le signal principal mais aussi un réglage de seuil de détection des respirations. Il permet les ajustements d’enveloppe, d’atténuation, d’écoute solo du signal traité… Bref « presque aussi bien » qu’à la main! N’hésitez pas à en automatiser le seuil en solo pour qu’un écart dynamique ne vienne pas malencontreusement gommer une syllabe!

Pour ma part, j’isole souvent les respirations sur une piste séparée afin d’avoir accès à leur volume d’ensemble. Je pourrai ainsi les alléger en graves, les automatiser ou même les exclure d’un traitement dynamique destiné à la voix. Par ailleurs, il est souvent nécessaire d’écouter le résultat final des respirations de la piste de compilation. En ayant modifié les intentions, en ayant assemblé des prises dont les pauses n’étaient pas forcément identiques, il est fort possible que nous ayons créé des doubles respirations ou que nous en ayons écourté ou allongé certaines. Faute de les avoir écoutées à fort volume, en solo, vous pouvez laisser passer des choses assez « étranges » ; soyez attentifs ! Certains artistes tapent du pied, de nombreuses climatisations fabriquent des fonds sonores omniprésents : n’hésitez donc pas à exagérer temporairement la compression et le niveau de votre « bus voix » d’écoute : vous caricaturerez un peu les problèmes et ils vous sauteront aux oreilles. Lorsque vous reviendrez à de plus justes proportions, vous aurez installé une marge dynamique confortable et plus aucun parasite ne viendra sérieusement concurrencer votre lead qui n’aura pas perdu vie pour autant.

A l’inverse, le silence numérique dans un environnement naturel est un ennemi redoutable. Il m’arrive souvent de capter le fond sonore résiduel – très léger, bien sûr – afin de le réinsérer dans un endroit trop silencieux !

 

Préparation des pistes (5) Sifflantes – les outils

Portrait Tete from KR

Puisque nous parlons sifflantes, regardons de près quelques outils permettant de les traiter… avec élégance.

Une fois n’est pas coutume… je vais cette fois-ci donner la pôle position aux plug-in qui s’acquittent infiniment mieux de cette tâche que nos pauvres dé-sseurs « hard » d’autrefois. deesseurs vintage TR

Ces machines étaient assez sommaires bien qu’elles se soient beaucoup améliorées au fil du temps, la palette d’outils logiciels aujourd’hui est infiniment plus puissante et variée.

Si vous faites partie des « minutieux », des « consciencieux »… voire des « maniaques avérés », (je ne vous blâme pas… je fais partie de ceux-là!) alors… ma préférence va nettement au traitement manuel. Il reste sans équivalent. C’est un peu la comparaison que nous pourrions faire entre du « sur mesure » et du « prêt à porter »!

La famille Samplitude/Sequoia ou la suite Izotope RX vous proposent un nettoyage spectral. Dans l’histogramme qui figure ci-dessous, plus la couleur est claire plus l’intensité est importante. L’axe vertical des fréquences vous renseigne instantanément sur la localisation des « accidents fréquentiels » et les sifflantes, (mais aussi les glissements de cordes de guitares, les porteuses récurrentes), deviennent lisibles et accessibles aux traitements…Spectral Cleaning

Voici comment vos sifflantes vont apparaître dans la fenêtre principales de votre « Spectral Cleaning ». Là non plus, vous ne pouvez pas les manquer! Libre à vous de les atténuer, (en pourcentage), de les supprimer, (pas très naturel!) et d’aménager les zones de crossfades entre régions brutes et celles qui sont traitées. Avec un peu d’habitude, vous pouvez les sélectionner visuellement et les vérifier en audio… Si vous vous livrez à cet exercice avec soin, cette technique est irremplaçable car elle ne transforme pas le son, elle atténue des fréquences que vous déterminez dans la proportion que vous souhaitez… difficile de faire plus naturel et efficace! il faut prendre le temps de le faire… voilà tout!

Si vous ne souhaitez pas, (ou ne pouvez pas!), y consacrer autant de temps, vous pouvez construire votre déesseur à partir d’un compresseur qui permet l’insert d’un EQ en side-chain. Le meilleur exemple reste le C1-SC de waves.

1 Détection

Dans un premier temps, après avoir inséré le Waves C1-SC et avoir basculé « l’EQ mode » en split ou sidechain, (sans cela vous ne pourriez avoir accès au circuit d’écoute du circuit filtré de la section Monitor), vous allez balayer la plage de fréquence des 4 / 10KHz en ayant  pris soin de boucler l’audio sur une partie où les « S » se font durement sentir. A ce stade, vous devez localiser le point culminant des « indésirables » qui sont souvent centrées un peu au dessus de 6KHz. Bien sûr, dans les exemples qui sont joints, je suis favorisé par l’affichage spectral qui est propre à Samplitude… Les « S » apparaissent en « grisé » et je ne peux pas les louper! Le facteur « Q » de ce filtre reste accessible mais je vous conseille de rester dans des valeurs minimales sous peine de toucher beaucoup d’autres cibles que celles que vous vous êtes fixées.

2 En sidechain

Dans un deuxième temps vous rebasculerez le monitor sur Audio et pourrez atténuer le volume général sur la base de cette détection. Dans ce cas, je vous conseille une atténuation raisonnable sous peine d’entendre un pompage. L’avantage de ce mode est qu’il reste relativement naturel puisqu’il ne modifie que le niveau sans toucher au contenu fréquentiel.

3 en split

Vous pouvez également basculer en Split et corriger plus durement la seule plage concernée… attention, un traitement trop lourd transforme les « S » en « F » et « f’est vraiment pas fexfy »

Vous pouvez aussi employer un dé-esseur dédié qui « fera la job » fort honnêtement si vous n’en n’abusez pas! Le Waves ou le natif Samplitude ci-dessous sont de simples mais bons outils!

5 Deesseur natif

Reste mon petit préféré du moment: le module DS de Fabfilter. Tout y est: Histogramme avec surlignage des partie de waveformes traitées, encadrement des fréquences sélectionnées, visualisation des intensités, prédétection, Threshold, range et même sur-échantillonnage pour traiter plus finement les aigus… Difficile de le prendre en défaut, celui-là!

 

 

4 Fabfilter

La solution la plus fine réside souvent dans une succession de traitements différents et légers. Un déessing de 2 ou 3 dB suivi d’une automation des niveaux de sifflantes fonctionne discrètement et efficacement dans bien des cas.

Attention, attaquez vous toujours à une piste sans effet! Une piste réverbérée accroche et prolonge les « sibilances » en interdisant leur traitement ponctuel!!

un petit secret? il m’arrive même de ne dé-esser que mon envoi réverbe…. Eh oui!