Maitrise de l’égalisation Part 7 – le piano

Règles et recettes de l’égalisation par instrument Suite…

Envisageons aujourd’hui le piano qui reste avant tout… un instrument de percussions!!

Bien sûr, on voit à priori le piano comme harmonique et mélodique mais il reste pourtant un instrument de percussions. Il est donc aussi rythmique ! Les cordes étant frappées par des marteaux, les transitoires et la notion d’enveloppe demeurent primordiaux ! Un exemple ? Une fois devant votre station audio numérique préférée, faites tout d’abord l’expérience d’isoler une note ou un accord de piano et d’en couper l’attaque. Lisez le sample une bonne seconde après son début : difficile de le reconnaitre, non ? Tentez ensuite d’inverser le sens de lecture de l’échantillon avec attaque. Il devient… méconnaissable ! Aujourd’hui cet effet « reverse » est très identifié puisqu’il a été utilisé à maintes reprises, mais avouez qu’il serait difficile de mettre un nom sur cette texture sonore lors d’une toute première écoute. Ajoutez à cela qu’en dehors des notes les plus graves, les cordes sont doublées puis triplées afin d’en organiser les battements, (Les cordes) et qu’une table d’harmonie résonnante se charge d’amplifier, en faisant interagir et rayonner les sons entre eux et vous commencerez à avoir une idée de sa sophistication.

Le piano est donc exigeant en terme de bande passante de par son spectre, en dynamique du fait de ses transitoires et de l’amplitude des nuances possibles et enfin en spatialisation afin de restituer sa richesse naturelle de diffusion. Oui, pour toutes ces raisons, c’est l’un des instruments les plus complexes qui soient à bien enregistrer et restituer !

Ici, le magnifique Yamaha CFIII de concert de Denis Levaillant capté grâce à un couple ORTF de Neumann 149 Jubile parfaitement appairés. Le tout sur un préampli PM200 Freevox de Gérard Poncet à très faible bruit… un must de transparence et de profondeur!

Sous l’angle de l’égalisation

Le piano possède un spectre très riche, ce n’est pas pour rien que les compositeurs l’utilisent majoritairement, même pour composer de la musique orchestrale! Présent dès 30 Hz et jusqu’à 15000 kHz si on inclut ses harmoniques. Le piano pourra être facilement enrichi par des corrections douces de 80 ou 100 Hz dans le grave et de 8 à 10kHz en shelf pour donner de l’air. Là encore, il faut éviter d’accidenter un registre en « localisant » trop la correction. Dans la région des 3 à 4000 Hz, un ajout peut facilement durcir le piano. Coupe‐bas usuel à 20 ou 25 Hz.

C’est donc un principe de précaution qui prévaut. Les plages doivent êtres douces et les gains d’EQ très discrets. Rien de plus artificiel qu’un piano sur-corrigé! L’importance du paramètre percussif dont nous venons de parler accroit la difficulté de correction. Difficile d’adoucir un piano sans enlever de l’énergie à ses attaques, par exemple. Il est donc très fortement conseillé de régler tous les problèmes de balance tonale par des placements et des choix judicieux de micros.

Lorsque la prise est faite et qu’elle nécessite de gros ajustements, il n’est pas rare que j’utilise des outils de correction dynamique qui me permettent de tenir compte des écarts de niveaux très importants de l’instrument.

Quelques EQ dynamiques que j’affectionne…

Izotope OZONE ADVANCED – Dynamic EQ

TDR Nova (La version gratuite est déjà spectaculaire mais ne permet pas l’expansion)

TC electronic Dunamic EQ très lisible et puissant

 

 

Maitrise de l’égalisation Part 6 – Le spectre de la basse

L’EQ: Règles et recettes, Suite…

Après la batterie… en toute logique; la basse!

Suivant leur nombre de cordes et leur accord, la basse ou la contrebasse ont un spectre qui couvre une plage partant de moins de moins de 30 Hz à 4 ou 5 kHz. En fonction des styles et du rôle qui leur est confié, certaines plages medium peuvent s’avérer importantes. Une contrebasse ou une jazz bass Fender, par exemple ne peuvent en faire l’économie. Une grosse partie de leur personnalité sonore réside dans ce registre! Du fait de leur richesse dans le grave, les corrections doivent être assez larges et douces. Il faut absolument éviter de recréer les accidents de spectre que nous voulions éliminer lors de nos corrections de neutralisation. Nous le savons, l’extrême grave reste une plage difficile à contrôler en environnement semi-professionnel. N’hésitez pas à recouper vos impressions avec un casque que vous connaissez bien ou même visuellement, avec un analyseur FFT dont la résolution est élevée. Beaucoup de plugs actuels en sont dotés. Regardez attentivement l’écran alors que la piste joue en solo. Vous allez pouvoir comparer les niveaux d’énergie de chaque note jouée. Si le niveau grimpe démesurément et très localement chaque fois que la basse joue aux environs de 75Hz, vous pouvez creuser légèrement cette fréquence, (pas trop !), jusqu’à retrouver une certaine cohérence. Essayez de bien évaluer la largeur (pente, cue), nécessaire à cette correction. Si votre écoute est fiable et que vous connaissez la grille musicale et la tonalité, vous pourrez-même le faire à l’oreille en détectant un Ré un peu généreux qui correspond à cette plage…

La correspondance notes-fréquences avec un La à 440Hz

Grâce à un tableau comme celui-ci, vous pouvez aisément établir une correspondance note fréquences afin de mieux détecter les irrégularités!

Méfiez-vous, si le titre module d’un demi-ton ou même d’un ton en cours de route, vos corrections devront suivre sous peine de soustraire des composantes importantes et de ne plus régler le problème de régularité du spectre dont nous parlions ! Nous retrouvons-là tout l’intérêt d’avoir repéré la structure et d’être capable de traiter les passages identiques ensemble ! Primordial pour espérer aller vite !On cherche souvent à enrichir le côté organique des sub bass… de ce fait, un coupe‐bas vers 20 Hz est fortement recommandé! Histoire de ne pas détruire définitivement les beaux boomers tout neufs de votre auditeur!

J’aborderai l’égalisation du piano, lors de notre prochain rendez-vous!

A très vite